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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Jeudi 22 juin 2017
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« Si on n’a pas de plan B, le plan A doit fonctionner. » Stéphanie Cliche

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Photos : dupontphoto

Après avoir travaillé durant 20 ans dans la fonction publique fédérale, Stéphanie Cliche décide de quitter un emploi bien rémunéré pour suivre des cours à l’École des métiers de la construction de Montréal et devenir peintre en bâtiment.

Elle démissionne donc de son poste au gouvernement canadien et entame une formation de 900 heures d’une durée de 9 mois en 2012. « Je me suis lancée dans cette nouvelle carrière avec l’ambition d’aller plus loin, de faire briller ma flamme intérieure et surtout, d’accomplir mon plein potentiel. » Mais elle constate rapidement la dure réalité même si elle possède un diplôme d’études professionnelles et une carte de compétence de la Commission de la construction du Québec. Elle se répétait souvent : « Si on n’a pas de plan B, le plan A doit fonctionner. »

La lecture du livre Les travailleuses de la construction lui fait aussi prendre conscience de la tendance naturelle à l’individualisme et à l’esprit de compétition dans cette industrie. « J’étais bien consciente que je n’avais aucune expérience et quand j’ai vu que l’envoi de 200 CV n’avait donné aucun résultat et que je perdais mon temps avec les canaux habituels de recherche d’emploi, j’ai commencé à réaliser de petits contrats pour finalement me retrouver sur de grands chantiers institutionnels avec des équipes dune soixantaine de peintres. »

Femme déterminée, Stéphanie Cliche a trouvé le temps durant les deux premières années de sa nouvelle carrière dans la construction, de créer et d’administrer un groupe de peintres Facebook, qui compte maintenant plus d’une quarantaine de membres. « Je fais également partie du groupe Academos à titre de mentor et je réponds aux questions des femmes qui veulent devenir peintre en bâtiment. Je suis aussi très engagée dans les Elles de la construction. »

UNE FEMME ACTIVE
• Conférencière - Être femme dans la construction : folie ou courage ?
• Participation au documentaire Les casques roses à Télé-Québec – Janvier 2016
• Porte-parole des Femmes de métiers non traditionnels au Salon professionnel de l’Éducation – Mars 2016

La persévérance

Stéphanie Cliche est très heureuse de pouvoir dire, trois ans plus tard, qu’elle est une travailleuse de la construction respectée : « Je suis très fière d’avoir été embauchée comme unique femme peintre, titulaire d’une carte d’apprentie seulement, pour l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie. Un tel poste me permet de travailler tout l’été et de retourner sur les chantiers au cours de l’hiver. Pour moi, c’est un rêve devenu réalité avec ce métier de peintre. »

Que de chemin parcouru en si peu de temps par cette femme qui a dû surmonter bien des obstacles. « Vous savez, je me suis déjà fait offrir un emploi par un entrepreneur qui croyait parler à un Stéphane et non à une Stéphanie. Quand il a su mon prénom, il a rapidement changé de ton, et très mal à l’aise, il m’a dit qu’il n’avait pas besoin de peintre pour le moment. Je me suis couchée ce soir-là, très déçue par de tels propos. »

Pour Stéphanie, la construction est une industrie fascinante et elle ne cesse d’en découvrir tous les rouages chaque jour, surtout lorsque des travailleurs plus âgés lui racontent l’évolution des techniques de travail. « Pour ma part, j’aime bien accompagner les jeunes femmes qui ont choisi de venir travailler dans la construction. Je les trouve courageuses et elles méritent qu’on les aide dans leurs démarches. Ce sont les femmes qui, par leur ténacité, leurs revendications et leurs réussites sont les meilleures guides pour celles qui arrivent. »

Le 6 octobre dernier, elle était l’une des trois finalistes dans la catégorie Femme de métier lors de la première édition de la Soirée Elles reconnaissent, organisée par le réseau Les Elles de la construction. « J’ai reçu avec honneur et unanimité le prix Coup de cœur, témoignant de ma contribution à ce regroupement de femmes de la construction. Quant au prix Femme de métier, il a été attribué à Mme Sylvie Déraspe, une femme dévouée et courageuse qui a défendu de nombreuses travailleuses depuis 25 ans. J’étais très fière pour elle. C’est une des figures de battantes qui ont défriché notre chemin, c’est maintenant à nous, la relève, d’aller de l’avant et de paver notre route. »

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Stéphanie Cliche lors de la remise du prix Coup de cœur.

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