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Jeudi 22 juin 2017
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Certification LEED : une valeur ajoutée pour le siège social de l’ACQ

Maryanne Cliche
Maryanne Cliche
Chroniqueur Développement durable

La certification LEED du nouveau siège social de l’ACQ a été officialisée lors d’une cérémonie qui a eu lieu le 22 janvier 2014 alors qu’une représentante de la section du Québec du Conseil du bâtiment durable du Canada remettait une plaque à la présidente de l’ACQ. Durant cet événement, nous avons rencontré M. David Pellerin, ingénieur et consultant LEED principal pour ce projet qui permet d’économiser environ 300 000 kWh par année.

Expliquez-nous brièvement en quoi consiste la certification LEED ?
D.P. La certification LEED est une certification environnementale reconnue au niveau international qui a été inventée afin de concevoir et de construire des bâtiments novateurs au plan environnemental. Son adhésion est volontaire et la vérification des projets canadiens s’effectue par une tierce partie, en l’occurrence le Conseil du bâtiment durable du Canada. Cette certification se base sur un guide de références et utilise un système de préalables et une grille de pointage afin de déterminer le niveau de certification qui sera obtenue. De plus, on peut opter pour différents systèmes de certification LEED en fonction du type de bâtiment que l’on souhaite certifier, et 4 niveaux de certification sont possibles selon les objectifs du donneur d’ouvrage. Dans ce cas-ci, le siège social de l’ACQ a obtenu le niveau LEED « certifié » pour nouvelles constructions.

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Photo : ACQ

Quels ont été les principaux obstacles à la certification avec le siège social de l’ACQ et quels ont été vos bons coups ?
D.P. Notre principal défi a été la durée du processus de certification avant l’obtention de la reconnaissance officielle. Quant aux bons coups, je peux affirmer que l’ACQ s’est distinguée dans la catégorie de la gestion de l’eau avec une réduction de l’ordre de 40 % de la consommation. Nous sommes aussi satisfaits de la performance en ce qui a trait à l’approvisionnement en matériaux régionaux. De plus, la construction a réellement été conçue en fonction des besoins du donneur d’ouvrage ce qui a permis une optimisation des coûts de construction. Enfin, les panneaux éducatifs installés dans le hall d’entrée du siège social de l’ACQ sont une excellente preuve d’engagement de la part de l’organisation.

Quels sont les avantages de ce processus de certification ?
D.P. Les avantages concrets résident principalement dans le fait que LEED devance les normes de construction actuelles. Nous pouvons affirmer que plusieurs normes et bonnes pratiques se retrouvent dans la certification LEED. Les entrepreneurs sont prêts à anticiper les changements aux codes de construction.

Quels sont les principaux défis et possibilités liés à la certification LEED ?
D.P. Je crois que c’est effectivement une opportunité pour les entrepreneurs qui souhaitent s’y engager surtout lorsque l’on considère qu’il est relativement plus facile de s’impliquer dans un projet LEED maintenant par rapport aux dernières années. Nous pouvons dire que l’industrie s’est adaptée et les intervenants ont désormais plus de choix. Prenons seulement l’exemple des matériaux; les informations pour leur composition sont beaucoup plus faciles à obtenir depuis que les fournisseurs et les détaillants font face à une augmentation de la demande. À l’inverse, les principales difficultés liées au processus de certification se rattachent souvent à l’exigence de l’efficacité énergétique minimale, une mesure qui coûte le plus cher. De plus, l’efficacité énergétique est moins alléchante pour les promoteurs puisque concrètement, ce seront les propriétaires qui en profiteront.

Quelles sont les distinctions entre LEED, Novoclimat et BOMA BESt ?
D.P. La norme Novoclimat cible davantage le secteur résidentiel et l’efficacité énergétique des bâtiments. BOMA BESt vise particulièrement les parcs immobiliers existants et ne s’applique pas aux nouvelles constructions. La certification LEED a été conçue pour couvrir tous les types de constructions et se penche sur les particularités environnementales globales liées aux bâtiments. Par exemple, la certification LEED peut s’appliquer à des projets tels que nouvelles constructions, bâtiments existants, campus, quartiers. Et celle-ci ne s’en tient pas uniquement à l’efficacité énergétique, bien que cette catégorie soit très importante au niveau des points possibles, mais LEED concerne aussi la sélection du site, l’aménagement paysager, le choix des matériaux, l’utilisation de l’eau, la qualité des environnements extérieurs, l’innovation et les priorités régionales.

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Photo : Denis Bernier

Comment entrevoyez-vous l’avenir pour une telle certification ?
Je crois que LEED est actuellement sur une très bonne lancée! Le United States Green Building Council (USGBC), qui est l’organisme à l’origine de sa création, s’efforce de faire reconnaître le système de certification et d’encadrer son évolution. D’ailleurs, une version actualisée, LEED v4 sera effective au Canada dès cette année. Enfin, pour appuyer mes dires, il ne suffit que de jeter un coup d’œil aux nombres de projets inscrits et certifiés LEED qui sont en constante augmentation depuis les dernières années pour comprendre que cette certification est concrètement à l’origine d’un mouvement inspirant pour l’industrie de la construction et l’évolution de ses standards.

Signification d’un bâtiment certifié LEED pour les promoteurs et les propriétaires

  • Standards de conception plus élevés
  • Amélioration des procédures de construction
  • Qualité du milieu de travail
  • Confort des occupants
  • Performance énergétique à long terme
  • Réduction des polluants

« Il est préférable de prévoir davantage de points que le nombre requis pour le niveau de certification visé, cela laisse une marge de manœuvre au besoin pour les surprises en cours de projets. »
David Pellerin

« L’absence de superflu et le style épuré pour l’aménagement global ont permis l’évitement de surcoûts, souvent nécessaires lorsque l’on opte pour un look flamboyant. »
David Pellerin

 

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