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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Dimanche 30 avril 2017
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Construction 2015 : Un faux départ ?

Jean-Philippe Cliche
Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur Économie

Le froid sibérien qui s’est abattu sur le Québec au premier trimestre de 2015 est certainement responsable, du moins en partie, de la baisse marquée de l’activité dans l’industrie de la construction au Québec depuis le début de l’année. En effet, bien que l’on prévoyait une baisse des heures travaillées en 2015, personne ne s’attendait à une diminution aussi importante au cours des quatre premiers mois de l’année. Est-ce que cette tendance perdurera au cours de l’année, ou est-ce simplement que l’industrie a connu un faux départ ?

Institutionnel-commercial

Le secteur institutionnel-commercial fait figure d’exception lorsque l’on regarde les données des quatre premiers mois de l’année 2015 et qu’on les compare avec ceux de 2014. En fait, on constate que le niveau d’heures travaillées dans ce secteur est identique à celui de l’an passé. Les grands hôpitaux y sont certainement pour quelque chose, alors que les chantiers du CHUM et du CHU Sainte-Justine, entre autres, battent leur plein cette année. Les aéroports de Québec et de Montréal, les tours qui s’érigent au centre-ville de Montréal, les amphithéâtres de Québec et de Laval ainsi que les centres de détention à Amos, à Sept-Îles et à Sorel-Tracy contribuent eux aussi au maintien de l’activité du secteur.

Industriel

L’incertitude économique mondiale et la diminution des prix des ressources naturelles ont fait en sorte de ralentir le rythme d’expansion des projets dans le Nord québécois depuis quelques années maintenant. Ceci, combiné aux grands froids du début de l’année et à l’achèvement de certains projets d’envergure, a contribué à la nette diminution des heures travaillées dans ce secteur. Au rythme où vont les choses, ce serait environ 5 millions d’heures en moins qui seraient effectuées dans ce secteur en 2015, un repli de l’activité de près du tiers. Il reste maintenant à espérer que la reprise économique mondiale qui est entamée fera en sorte de renverser cette situation, et que d’autres projets d’envergure verront rapidement le jour, spécialement dans le Nord-du-Québec.

Génie civil et voirie

Bien que le secteur du génie civil ait connu un mauvais départ au cours des quatre premiers mois de l’année, ce dernier ayant enregistré une légère diminution des heures travaillées par rapport à 2014, tout porte à croire que cette situation se renversera au cours des mois à venir. De gros chantiers tels que l’échangeur Turcot et le pont Champlain démarrent cette année, en plus des autres projets majeurs déjà entamés comme celui de l’autoroute 20, entre Cacouna et Rimouski, et l’autoroute Robert Cliche en Beauce. Considérant l’ensemble des autres projets d’Hydro-Québec, des municipalités et des gouvernements provincial et fédéral, ce secteur devrait connaître une bonne année 2015.

Résidentiel

L’année 2013 a marqué la fin d’un boom immobilier qui a duré plus d’une décennie. Depuis ce temps, les mises en chantier sont revenues légèrement en deçà de la formation de nouveaux ménages dans la province, ce qui devrait permettre de resserrer le marché de la revente qui a basculé du côté des acheteurs dans bien des marchés. Les prévisionnistes estiment qu’entre 34 000 et 36 000 nouvelles résidences seront mises en chantier cette année, alors qu’environ 40 000 nouveaux ménages devraient se former dans la province. C’est une tout autre histoire du côté de la rénovation domiciliaire, alors que la croissance des investissements ne cesse d’augmenter, et ce, depuis plusieurs années.

Faux départ pour le secteur du génie civil et de la voirie qui devrait ultimement croître cette année, alors que cela semble un peu moins vrai pour le secteur industriel, qui devrait cependant se replacer. Le secteur institutionnel-commercial semble plus résilient en ce début d’année, bien qu’il devrait décroître légèrement en 2015. Pour sa part, le secteur résidentiel neuf fera du surplace par rapport à l’année 2014.

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