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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Mercredi 13 décembre 2017
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Que nous réserve 2014 ?

Jean-Philippe Cliche
Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur Économie

Ralentissement des mises en chantiers résidentiels, accréditation obligatoire de l’Autorité des marchés financiers (AMF), grève de deux semaines dans le secteur IC/I et d’une semaine dans les secteurs du génie civil et voirie et résidentiel, baisse des prix des ressources naturelles, diminution de l’enveloppe gouvernementale destinée au plan québécois des infrastructures, les raisons du ralentissement dans l’industrie de la construction en 2013 ont été multiples. Malgré tout, la diminution des heures travaillées en 2013 n’a été que de 5 % par rapport au sommet de 165 millions en 2012. Dans l’esprit des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, affirmons donc qu’à 156 millions d’heures, l’année 2013 se classe sur la troisième marche du podium des quarante dernières années, tout juste derrière 2011. Est-ce que 2014 se taillera une place sur l’estrade des vainqueurs ?

Institutionnel et commercial

Tout indique que la constance du secteur institutionnel et commercial perdurera en 2014. En effet, les grands chantiers institutionnels continueront à alimenter les carnets de commandes des entrepreneurs pour quelques années encore, et il semble que la croissance des investissements commerciaux n’est pas encore terminée. Ce secteur est le seul à avoir connu une hausse des heures travaillées en 2013 et la Commission de la construction du Québec (CCQ) croit que 80 millions d’heures y seront travaillées en 2014, soit un million de plus qu’en 2013.

Industriel

L’incertitude économique mondiale et la diminution des prix des ressources naturelles ont fait en sorte de ralentir le rythme d’expansion des projets dans le Nord québécois en 2013. Par contre, tout indique que ceci n’est que temporaire et que les prix des ressources augmentera et que le développement du Nord s’accélérera en 2014. La reprise économique étant maintenant entamée, tout porte à croire que les investissements industriels québécois croîtront considérablement et ce, jusqu’au prochain ralentissement de l’économie mondiale.

Génie civil et voirie

Mise à jour économique du gouvernement provincial, effondrement d’un bloc de béton sur l’autoroute 40 et accélération du projet du pont Champlain, les raisons de croire que les gouvernements accéléreront les dépenses en génie civil et voirie sont multiples. De plus, les municipalités devraient augmenter leurs dépenses en infrastructures maintenant que l’AMF a émis des permis à un bon nombre d’entreprises et que les élections municipales sont choses du passé. Côté négatif, plusieurs chantiers éoliens et de centrales électriques arriveront à terme. Au final, on prévoit que la quantité de travaux en génie civil et voirie se maintiendra par rapport à 2013, bien que la répartition des investissements entre les gouvernements, les villes et Hydro-Québec diffèrera considérablement.

Résidentiel

Après plus d’une décennie de hausse, il semble que les mises en chantier dans le secteur résidentiel reviendront à leur niveau d’équilibre pendant quelques années. L’année 2014 ne fera pas exception, alors que le nombre de coulées de béton devrait être à peu près identique à celui de 2013.

En combinant l’ensemble des secteurs, la CCQ prévoit que 155 millions d’heures seront travaillées en 2014, soit un million de moins qu’en 2013. Une stagnation des heures est à prévoir dans le secteur du génie, alors qu’une légère progression devrait se faire sentir dans le secteur institutionnel et commercial et dans le secteur industriel. Ces hausses seront toutefois contrecarrées par la diminution des heures dans le secteur résidentiel, ce qui devrait faire en sorte que 2014 sera la quatrième meilleure année dans le secteur de la construction depuis les travaux de la Baie-James au milieu des années 1970.

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