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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Lundi 21 août 2017
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Comité - Femmes dans la construction

Jean Pouliot
Jean Pouliot
Chroniqueur Éditorial

La présence des femmes dans les métiers non traditionnels ne date pas d'hier. Il suffit de penser aux services policiers, pompiers, l'industrie du camionnage, de la mécanique, etc. Il faut reconnaître toute la détermination et le courage de celles qui ont réussi à prendre leur place dans ces bastions typiquement masculins. Les quatre dernières décennies ont été pour ces pionnières synonymes de combats perpétuels contre l'intimidation et les préjugés.

Nous sommes en 2013 et nous ne pouvons plus tolérer les comportements machistes, surtout sur nos chantiers de construction. Il nous faut donc réfléchir sérieusement à la situation. Lors de notre Congrès annuel, en septembre prochain à La Malbaie, nous réunirons autour d'une même table la présidente du Conseil du statut de la femme, des représentantes de la Commission de la construction du Québec et du Centre d'intégration au marché de l'emploi (CIME). Nous profiterons alors de cette tribune pour discuter en profondeur de ce que l'ACQ pourrait faire pour supporter les entrepreneurs dans ce dossier. Comme association patronale, nous devons donner l'exemple afin d'assurer une présence accrue des femmes dans notre industrie en général et sur les chantiers gérés par nos entrepreneurs des secteurs IC/I. Lors de cette plénière, nous demanderons aux participants leur opinion sur le sujet, ce qu'ils ont fait pour intégrer les femmes dans leur entreprise, ce qui a bien fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné et pourquoi, etc.

Trop faible pourcentage de femmes dans l'industrie de la construction

Nul besoin d'être un grand spécialiste des statistiques pour comprendre l'urgence d'agir. Nous ne pouvons plus accepter le retard du Québec qui fait piètre figure avec son anémique 1,3 % de main-d'œuvre féminine sur les chantiers, ce qui correspond au plus bas pourcentage au Canada. Mais ce n'est pas tout de vouloir attirer les femmes dans la construction, nous devons surtout être capables de les garder. Encore là, de nombreuses femmes abandonnent les chantiers parce qu'elles sont victimes de discrimination. D'ailleurs, 50 % des travailleuses quittent l'industrie pour cette raison.

L'ACQ a formé récemment un comité chargé de faire des recommandations sur ce sujet qui seront transmises à la CCQ. Pour celles et ceux qui seraient intéressés, je vous invite à consulter les documents suivants : Une mixité en chantier – Les femmes dans les métiers de la construction, une étude réalisée par le Conseil du statut de la femme et le guide d'accompagnement. L'intégration des femmes dans les métiers de la construction : une responsabilité partagée, dont la Commission de la construction du Québec fait la promotion et qui a été produit par le Centre d'intégration au marché de l'emploi Résultat d'un projet-pilote mené durant trois ans, de 2009 à 2012 en Estrie, ce document comprend quatre cahiers dont trois s'adressent particulièrement aux entrepreneurs, aux associations syndicales et aux travailleuses. Comme vous pouvez le constater, tous les éléments sont en place pour une table ronde plus que pertinente sur un sujet qui n'a pas fini de nous faire réfléchir... Depuis le Rapport du comité sur l'accès des femmes dans l'industrie de la construction en 1996, nous devons tous reconnaître que la situation n'a pas tellement changé. Il est donc temps de faire quelque chose, de passer aux gestes concrets... Il faut agir et le Congrès de l'ACQ devra servir d'exemple comme tremplin vers un avenir meilleur pour les femmes dans notre industrie. Les entrepreneurs ont un rôle important à jouer pour faire évoluer les mentalités et l'ACQ se propose d'être proactive et de faire sa part pour faire changer les choses.

JEAN POULIOT, P.CSO - PRÉSIDENT DE L'ACQ

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