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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Lundi 21 août 2017
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Le chantier de l’intégrité : plus d’éthique et de bonnes pratiques

Manon Bertrand
Manon Bertrand
Chroniqueur Éditorial

La question de l'éthique et des bonnes pratiques dans l'industrie de la construction n'est plus un sujet que l'on peut éviter.

La Commission Charbonneau fait l’étalage d'actes déplorables de certains entrepreneurs, ingénieurs, fonctionnaires ou même d’élus, qui sèment l’embarras pour toute une industrie.

La crise de confiance du public est importante et n’ira pas en diminuant. La corruption et la mauvaise façon de faire ont refroidi les ardeurs de plusieurs clients. Que ce soit dans le secteur privé ou parmi des donneurs d’ouvrage du secteur public, ceux-ci font preuve d’une plus grande prudence, pour ne pas dire de méfiance. Les nouveaux projets arrivent moins vite les lois sont de plus en plus rigides et les prévisions d’heures travaillées ne sont pas encourageantes.

Les entrepreneurs qui n’ont rien à se reprocher tirent-ils vraiment leur épingle du jeu dans un tel contexte ? Nous doutons que plusieurs profitent vraiment de cette situation. Pour nos clients et le public, il est difficile de distinguer les entrepreneurs qui ont une bonne éthique et des bonnes pratiques. Ceux-ci peuvent-ils se distinguer des autres qui ont choisi la facilité et les raccourcis de la concurrence déloyale ?

En tant que plus grande association patronale dans le secteur de la construction, nous avons la responsabilité d’exercer un leadership proactif et efficace afin de trouver des solutions concrètes pour notre industrie et rebâtir la confiance. Nous avons choisi de prendre le temps qu’il faut pour bien faire les choses. Nous ne pouvons prendre le risque de nous tromper. Ainsi, depuis plusieurs mois déjà, l’ACQ se penche sur un projet pour regagner la confiance du public en collaboration avec des experts du groupe Cirano.

D’ailleurs, l'ACQ rendra public prochainement le rapport préparé par les experts du groupe Cirano intitulé Action collective Québec : une approche pour regagner la confiance du public. Entre autres, nous avons demandé à ces experts chercheurs d’examiner ce qui se fait de mieux dans le monde pour lutter contre la corruption dans le secteur de la construction. Ce rapport nous permettra d’établir les jalons d’un programme d’éthique. Ce sera un important bond en avant pour notre industrie qui souhaite afficher son intégrité.

L’ACQ vous tiendra informés de toutes les étapes du projet. La question que vous vous posez est de savoir si notre industrie est prête pour les recommandations proposées par les experts ? La vraie question est plutôt : avons-nous le choix de ne rien faire ?

Nous ne devons pas attendre la remise du rapport de la Commission Charbonneau pour agir. Interrogés sur la question dans un sondage, les entrepreneurs autant que les citoyens du Québec sont d'accord pour qu'il se passe quelque chose dès maintenant.

Par ailleurs, il ne faut pas pour autant laisser de côté les initiatives qui nous permettent de mettre valeur et de partager nos bonnes pratiques. Ainsi, « Vers le chantier parfait », une initiative de l’ACQ – Québec, représente une démarche d’avenir prometteuse. Cette réflexion d’industrie permettra l’harmonisation des relations entre les différents intervenants et l’amélioration de la gestion des projets de construction.

Il s’agit là d’un consensus sur la nécessité d’une réflexion d’industrie concernant les attitudes, les méthodes et les pratiques de l’ensemble des intervenants. Ses 354 recommandations permettent la compréhension des rôles et des responsabilités, une meilleure planification, des pratiques de travail améliorées, une compétitivité et une rentabilité accrues, une plus grande satisfaction du travail accompli ainsi que des relations d’affaires plus positives et plus proactives.

Nous attaquons donc le problème de front avec les meilleures solutions mises à notre disposition et nous faisons la démonstration que l’« excellence et la compétitivité sont parfaitement compatibles avec honnêteté et intégrité… », comme le disait si bien « Jack » Welch Jr., président de General Electric de 1981 à 2001.

Manon Bertrand
Présidente de l’Association de la construction du Québec

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