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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Jeudi 21 septembre 2017
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Cadenassage - Modification de la réglementation existante

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Le Conseil du patronat du Québec estime que la modification réglementaire apporte des précisions quant aux modalités de contrôle des énergies, communément appelé cadenassage, pour améliorer la prévention des accidents du travail. Cela tout en s'assurant que la réglementation en place dans chaque entreprise réponde à la problématique de sécurité. On explique cette décision par le fait que la réglementation existante était imprécise et incomplète, notamment pour le secteur de la construction. C'est pourquoi le milieu a voulu revoir ses obligations.

Selon Carmel Laflamme, vice-présidente SST du Conseil du patronat du Québec et membre du Conseil d'administration de la CSST, bien que, depuis plus d’une décennie, une amélioration importante quant au nombre d’accidents et de décès soit constatée, et ce, particulièrement dans le secteur de la construction, plusieurs accidents graves ou mortels surviennent encore dans les usines et sur les chantiers. « Notamment en raison d’une déficience au niveau du contrôle des énergies dangereuses. Or, aucune situation qui met en péril la santé, la sécurité et, plus encore, la vie d'un travailleur, n'est tolérable. »

Le plan stratégique de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a établi une politique de « tolérance zéro » en lien avec le cadenassage, « ce qui signifie que le service d’inspection de la CSST ne tolère aucune entrave aux mesures de sécurité à mettre en place pour contrôler les énergies dangereuses. » Cette politique est appliquée depuis 2010 dans tous les milieux de travail. Pourtant, malgré l'existence et la promotion de plans de procédures obligeant l'arrêt complet d'une machine, et de toutes les sources d'énergie qui l'alimentent lorsque survient un blocage ou un dysfonctionnement, l’absence de procédure sécuritaire ou la témérité de certains travailleurs est parfois observée, dit-elle.

Une culture préventive en santé et sécurité du travail ?

Les changements proposés dans la réglementation et le code de sécurité des travaux de la construction spécifiques au cadenassage et au contrôle des énergies devraient encourager davantage les employeurs et les travailleurs à se soucier de ce risque important. « Nous souhaitons que ces modifications contribuent à la réduction des accidents du travail. » Madame Laflamme conclut en déplorant que trop souvent, des remarques comme « Ça fait des années que je fais ça comme ça, et je n'ai jamais eu d'accident » peuvent conduire à un accident grave. « Très généralement, les employeurs donnent les moyens de prévenir les accidents en termes de procédures de travail, de formation et d’équipement. Des efforts sont encore à faire chez certains qui négligent ces aspects et il faut dénoncer ces situations. Mais au risque de passer pour des pleutres auprès de leurs collègues, il arrive que des travailleurs n'observent pas la réglementation. Sur un chantier de construction, l'environnement bouge davantage qu'en usine et le risque d'accident est grand. Or, dans tout univers de travail, il faut remettre en question sa façon de faire. Accepter notamment qu'un collègue prenne le temps nécessaire pour se protéger même si cela ralentit la globalité de la tâche. »

Le défi

Carmel Laflamme indique qu’il faut garder en tête que le jour où un accident survient, ce ne sont pas des minutes que l’on perd, mais des heures et plus encore, un collègue. L'attitude de certains travailleurs et leur culture de défiance des procédures causent de gros maux de tête en milieu de travail. L'employeur et le travailleur doivent savoir analyser la situation et repérer le danger pour que jamais un geste ne soit posé mécaniquement. Ce faisant, éviter tout comportement à risque.

Le défi de l'industrie consiste à maintenir l'intérêt pour la prévention des accidents. Au besoin, il faut renouveler le message pour qu'il soit tout aussi percutant et toujours compris de tous.

Carmel Laflamme
Carmel Laflamme – crédit : CPQ

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