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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Jeudi 21 septembre 2017
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Gestion de PME – Témoignages d’entrepreneurs

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Après les conseils d’une fiscaliste et ceux d’un jeune homme d’affaires, nous tenions à présenter le vécu de jeunes entrepreneurs. Deux membres de l’ACQ Métropolitaine, Francis Cobetto-Bazinet, président de Vizium – Construction – Ingénierie et Ginette Bossé, présidente de Sabitec Construction nous font partager leur quotidien.

Francis Cobetto-Bazinet

Bachelier en administration, profil finance, fraîchement sorti de l’école, Francis Cobetto-Bazinet savait qu’il était un entrepreneur dans l’âme : « Je n’avais aucun plan d’action concret, mais je voulais partir en affaires avec un confrère de classe. » Il ne leur manquait qu’une idée. Son associé suggère une entreprise de construction. « Nous ne connaissions rien de cette industrie et nous avons décidé de nous limiter à des contrats de peinture. »

Les deux partenaires d’affaires réussissent leurs examens à la Régie du bâtiment du Québec et font du porte-à-porte pour vendre des contrats de peinture extérieure et intérieure. « De fil en aiguille, après la peinture, nous avons rénové une salle de bains, puis, une cuisine, un sous-sol, une maison entière, pour en arriver au développement immobilier. »

Pour lui et son associé, le plus difficile a été d’atteindre un bon niveau de connaissances, de compétence et surtout de crédibilité afin d’assouvir leurs ambitions de jeunes entrepreneurs. « Il est certain que la liquidité disponible et la capacité à générer de nouveaux clients sont capitales à la réussite d’une entreprise. Pour ce faire, je crois que notre formation académique nous a bien aidés à préparer et à planifier la croissance. Nos connaissances en comptabilité nous ont également permis de tenir une gestion efficace des finances de l’entreprise. »

« La liquidité disponible et la capacité à générer de nouveaux clients sont capitales à la réussite d’une entreprise. »

Mentorat

Francis Cobetto-Bazinet, à défaut d’avoir un mentor, a su s’informer auprès des bonnes personnes de son entourage qui l’ont conseillé dans le développement de son entreprise. « J’ai vite créé des liens avec d’autres entrepreneurs, des entrepreneurs plus âgés avec plus d’expérience, j’ai écouté attentivement leur savoir. » Devenu membre de l’ACQ Métropolitaine, il fait maintenant partie de son conseil d’administration à titre de vice-président. Encore là, le jeune entrepreneur a la chance de côtoyer des gens qui lui font partager leur passion de l’industrie de la construction. « Ils ont contribué à aiguiser mon sens des affaires et mes aptitudes de gestionnaire tandis que l’information transmise lors des congrès et des réunions a été précieuse pour orienter mon entreprise dans de meilleures directions », a-t-il ajouté.

Paperasse

L’industrie de la construction est très réglementée et il est parfois difficile pour un jeune entrepreneur de gérer l’abondante paperasse et de s’y retrouver dans toute cette lourdeur administrative. « Il est important de bien s’entourer. Chaque mois, un comptable vient fermer mes livres et je fais mes états financiers une fois par année. Le tout est monté dans Simple Comptable, ce qui me permet d’avoir accès à mes informations financières et mes rapports en temps réel. »

Aux notions d’administration s’ajoutent la compréhension et l’analyse des contrats et des devis. Un entrepreneur doit aussi se tenir informé des lois et de tout ce qui concerne la fiscalité. « Ma tâche préférée est définitivement celle de vendre un projet, un service. Et lorsque vous avez établi un climat de confiance avec vos clients, vous avez la satisfaction du devoir accompli. »

Administration

M. Cobetto-Bazinet reconnaît l’importance de ses études en administration et finance. « Ces connaissances m’ont grandement servi autant dans la gestion comptable que dans celle des activités quotidiennes, dans le marketing, les contrats, la crédibilité et dans le vocabulaire d’affaires. » Tout va très bien pour le jeune entrepreneur qui parle maintenant de fusion avec un cabinet d’ingénieurs. « La nouvelle compagnie s’appellera Geniex Ingénierie – Construction. Nous pourrons offrir des projets clé en main avec conception intégrée. Aujourd’hui, en comptant les deux divisions, nous avons une vingtaine d’employés. »

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Ginette Bossé a eu l’idée de lancer son entreprise à son compte pendant qu’elle suivait des cours en calorifugeage pour l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP) à l’École des métiers de la construction de Montréal. « Air Canada me promettait un emploi à condition que je termine mon cours secondaire », dit-elle.

Ginette Bossé a eu l’idée de lancer son entreprise à son compte pendant qu’elle suivait des cours en calorifugeage pour l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP) à l’École des métiers de la construction de Montréal. « Air Canada me promettait un emploi à condition que je termine mon cours secondaire », dit-elle.

Elle est donc retournée à l’éducation des adultes durant un an et demi pour obtenir son diplôme d’études secondaires. « Au moment où j’aurais pu être embauchée par Air Canada survient l’attentat des tours jumelles à New York. Je dois oublier la promesse d’emploi. »

Dans la mi-trentaine, elle est confrontée à un employeur qui lui demande si elle était forte comme un homme. « Je lui ai répondu que j’étais forte comme une femme et que certaines femmes étaient aussi fortes que des hommes. » Elle a dû faire 6 000 heures sur les chantiers pour devenir compagnon. Mais son rêve était d’être un jour femme d’affaires. Elle a donc suivi des cours pour devenir entrepreneure générale. « Je voulais avoir une autre voie si jamais ça ne fonctionnait pas dans la spécialité de l’isolation. »

Hésitante, elle se questionne pour être bien certaine qu’elle fait le bon choix de se lancer en affaires. Heureusement, son conjoint l’appuie dans sa démarche même si elle est consciente qu’elle a tout à apprendre dans la gestion d’une compagnie. « Vous savez, j’ai lancé mon entreprise Sabitec Construction en 2009 avec 10 000 $, aucun plan d’affaires, pas de clients, pas de donneurs d’ouvrage, mais par contre, j’avais beaucoup d’amis et de gens qui croyaient en mes capacités. »

La bonne personne ressource

Mais cette femme était déterminée à réussir, malgré tous les obstacles pour le démarrage de sa compagnie. Elle s’adresse donc à une firme de gestion pour la conseiller en matière de comptabilité. « Je n’avais aucune notion de comptabilité et je crois que j’ai pris la bonne décision de confier la gestion de mon entreprise à des personnes qualifiées. »

Pendant ce temps, Ginette Bossé pouvait partir à la recherche de clients. « Je dois vous dire que j’ai travaillé très fort et mis les bouchées doubles parce que je n’avais pas les moyens d’embaucher du personnel. Et je ne pouvais plus compter sur mon conjoint qui, à la suite d’une blessure, était indemnisé par la CSST maintenant devenue la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail [CNESST]). »

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Mme Bossé peut compter sur deux employés pour réaliser des projets dans l’industrie du calorifugeage. En affaires depuis six ans, elle reconnaît maintenant l’importance de trouver un donneur d’ouvrage pour obtenir des contrats. Selon elle, c’est cet aspect qui a été le plus difficile en lançant son entreprise.

SAVIEZ-VOUS QUE…
Le gouvernement du Canada offre différents services en ligne pour se conformer à sa volonté de réduire la paperasse et améliorer les services offerts aux petites et moyennes entreprises. Parmi eux, le Relevé d'emploi sur le Web (RE Web) et l’application mobile Rappels d’impôts d’entreprise permettent aux PME de gagner du temps et de s’acquitter de certaines formalités à temps.

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