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Mardi 30 mai 2017
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Édifices publics

L’efficacité énergétique à son meilleur

Qu'on le veuille ou non, l'efficacité énergétique accrue des bâtiments est devenue la norme au Québec. Dans le secteur institutionnel, à titre d'exemple, les rénovations et agrandissements d'écoles et d'hôpitaux sont soumis à ce nouveau diktat. Il en va de même pour la construction d'édifices gouvernementaux. Québec souhaite que leurs rendements énergétiques franchissent des niveaux jamais atteints jusqu'à présent, voire qu'ils surpassent - quand cela est possible - les standards imposés par le Code modèle national de l'énergie pour les bâtiments. Architectes et ingénieurs redoublent d'ardeur et d'imagination pour atteindre cet objectif, car les enveloppes très performantes permettent des économies d'énergie appréciables, et par le fait même, une réduction des frais d'exploitation pour leurs propriétaires et locataires.

La logique fait foi de tout

Tel un manteau qui doit être parfaitement étanche à l'air et à l'eau, l'isolation adéquate d'un bâtiment fait appel à la logique et à une rigueur implacables. Les approches préconisées pour obtenir des résultats optimaux découlent de calculs mathématiques. Plus que jamais dans cette industrie, la règle du gros bon sens doit avoir préséance, tout autant que le principe voulant que les bons matériaux soient utilisés aux bons endroits. Dans les secteurs IC/I, les bâtiments sont très souvent constitués d'acier. « Comme ce matériau est conducteur de froid, il faut réduire au minimum les ponts thermiques avec la bonne combinaison de produits isolants, à l'extérieur du colombage et dans les cavités entre les colombages », explique Salvatore Ciarlo, ingénieur et directeur national du département des services techniques chez Owens Corning, un fabricant de produits isolants reconnus.

« Comme ce matériau est conducteur de froid, il faut réduire au minimum les ponts thermiques avec la bonne combinaison de produits isolants, à l'extérieur du colombage et dans les cavités entre les colombages. » - Salvatore Ciarlo

Malheureusement, des enveloppes inadéquates peuvent devenir problématiques à très court terme. Cela a notamment été le cas dans un hôpital dont nous tairons le nom, qui était aux prises avec des déficiences d'ordre thermique générées par des murs-rideaux. Largement utilisés dans les constructions d'édifices commerciaux, industriels et institutionnels, notamment en raison de l'émergence du concept appelé développement durable, ils comportent des attraits certains. De plus en plus d'architectes les utilisent, car leurs propriétés sont fort intéressantes à plus d'un titre, par exemple au regard de leurs grandes capacités conductrices d'énergie solaire, et en raison de la luminosité bienfaisante qu'ils procurent. Les fenestrations de type murs-rideaux permettent d'obtenir des points LEED (Leader in Energy and Environmental Design), en vertu du critère relatif à l'éclairage naturel.

« L'hôpital dont il est question comporte une enveloppe qui présente des lacunes évidentes », confirme Laurier Nichols, ingénieur en mécanique chez Dessau et spécialiste en calculs de chauffage, qui a procédé à l'analyse de l'enveloppe de cet établissement. Durant sa démarche visant à établir un constat, il a pris connaissance d'un rapport qui indique que lorsque la température extérieure atteint les moins 15 degrés Celsius, et que le taux d'humidité relative intérieur excède les 18 %, des traces d'humidité et de condensation apparaissent sur l'ossature en aluminium du mur-rideau. Or, certains secteurs d'un hôpital doivent être maintenus à 30 %, voire 40 % d'humidité relative, afin d'éviter la propagation de bactéries dans l'air, en vertu d'exigences inscrites dans plusieurs conventions collectives, et au regard des règles en matière de santé et de sécurité du travail. Celles-ci exigent un minimum de 20 % d'humidité relative en toutes circonstances. Précisons que dans les blocs opératoires et aux soins intensifs d'un établissement hospitalier, le taux minimal a été établi à 40 %. « J'en ai conclu que les murs-rideaux n'étaient pas le système idéal dans un hôpital, affirme Laurier Nichols. Bien souvent, leur ossature génère de la condensation en l'absence de débit d'air pour les réchauffer, par exemple dans les entre-plafonds et les parapets de toits, poursuit-il. À moyen terme, cette lacune favorisera l'apparition de moisissures et entraînera, immanquablement, d'importantes déficiences en termes d'isolation.»

  • L’isolation continue

    Selon plusieurs experts, l'isolation continue accroîtra les chances d'obtenir une enveloppe parfaitement étanche à l'air. Le polystyrène extrudé, qui est utilisé dans ce type de système, est un matériau à faible perméance. Constitué d'une mousse en plastique à cellules fermées, qui élimine presque entièrement les risques qu'il se condense, les polystyrènes extrudés de type Styrofoamtm Cavitymatetm et Ultra, ainsi que Styrofoam Cladmatetm, offerts chez Dow Chemical, fournissent des rendements isolants optimaux. Owens Corning offre également une gamme complète de panneaux en polystyrène extrudé performants. Précisons que Dow Chemical propose, depuis peu, un système de murs appelé Thermaxtm Wall System très performant.

  • Code de construction du Québec : Efficacité énergétique

    Le prochain Code de construction du Québec devrait comporter un nouveau chapitre (11) intitulé Efficacité énergétique, dont les normes s'appuieraient sur le Code modèle national de l'énergie pour les bâtiments. En outre, un nouveau Code modèle fédéral a été institué l'an dernier (CNRC), auquel s'ajoutera sous peu le logiciel Canquest qui permettra de simuler les performances énergétiques d'un bâtiment.

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