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Lundi 21 août 2017
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Visite guidée de Habitat 67

Habitat 67 fête cette année ses 50 ans. Plusieurs aiment, d’autres pas du tout. Encore aujourd’hui, l’œuvre de l’architecte israélien Moshe Safdie, un projet d’étude, ne laisse personne indifférent. Visite guidée d’un bâtiment d’exception classé monument historique au Québec depuis 2009.

Habitat 67, c’est un ingénieux système de cubes de béton préfabriqués qui s’appuient les uns sur les autres pour former le complexe d’habitation qui marque le paysage montréalais depuis un demi-siècle. Chaque module — il y en a 354 au total — constitue un appartement de 600 pieds carrés comprenant une chambre. Il est possible de les combiner pour agrandir la surface d’habitation. Aujourd’hui, certains propriétaires possèdent jusqu’à cinq cubes (un occupant en a eu jusqu’à sept à une époque) qui sont connectés entre eux sur plusieurs étages.

Habitat 67 a été érigé sur le site de la Cité du Havre, une péninsule artificielle, qui était la porte d’entrée principale de l’Expo 67. Il compte 148 appartements, dont la plupart avec terrasse privée, qui sont répartis sur 12 étages. À l’origine, l’architecte avait dessiné un complexe de 1 000 logements incluant des commerces, une école et un hôtel. Safdie voulait créer « un village dans la cité ». Les coûts de construction plus élevés que prévu l’ont toutefois obligé à revoir ses plans. Il faut savoir que le projet avait nécessité la construction d’une usine de préfabrication qui était située à proximité du site, là où sont installés les terrains de tennis aujourd’hui. Chaque bloc de béton précontraint était déposé au fur et à mesure sur la structure à l’aide d’une grue. Durant les premières années, les unités étaient offertes en location. Les gens sont devenus propriétaires dans les années 1980.

article habitat67

Un jeu de passerelles et de rues piétonnes

Habitat 67 compte trois tours qui sont reliées entre elles par des passerelles couvertes et des rues piétonnes. Elles mènent aux appartements et aux terrasses communes qui offrent des vues imprenables sur la ville, le fleuve et le port de Montréal. À noter, la structure qui est maintenue par des colonnes monumentales où logent les ascenseurs.

Une entrée indépendante

Chaque appartement possède une entrée extérieure indépendante qui peut être aménagée au goût du propriétaire. La couleur de la porte, la poignée et le système d’éclairage respectent le design d’origine (sauf quelques exceptions).
(voir la galerie de photos)

Un sous-sol pas comme les autres

Chaque cube montre cette démarcation dans le béton. Cet espace, c’est le sous-sol des unités ! En effet, c’est sous le plancher que sont installés les systèmes de ventilation, de chauffage et de plomberie. Ils sont ainsi facilement accessibles en cas de bris ou lors de rénovations. Quant aux fils, que ce soit électriques, de téléphone ou de câble, ils sont intégrés dans les plinthes. Pas besoin d’ouvrir les murs pour les réparer, un avantage indéniable.
(voir la galerie de photos)

Une vue à 360 degrés sur Montréal

Moshe Safdie, même s’il travaille principalement aux États-Unis, possède toujours un appartement à Habitat 67. Il est composé de quatre cubes qui sont disposés de façon à offrir une vue à 360 degrés sur Montréal. Un panorama unique. L’habitation, qui est aussi classée monument historique comme la bâtisse, est actuellement en rénovation afin de la remettre dans son état d’origine. L’architecte, qui est âgé de 79 ans, veut le léguer à un organisme public.

album habitat67 4

Petit rappel historique : durant l’exposition universelle de Montréal, Habitat 67 était en fait un pavillon thématique qui sera visité par des dizaines de milliers de gens venus de partout dans le monde. Il sera aussi la résidence temporaire de nombreux dignitaires de passage dont Charles de Gaule.

Pour en savoir plus

Habitat 67 – Visites guidées
Jusqu’en octobre, des visites guidées sont organisées (en français et en anglais) la semaine durant le jour. 
L’exposition Habitat 67 vers l’avenir, au Centre de design de l’UQAM, jusqu’au 13 août. 

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