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Mises en chantiers résidentielles : les condos ont la cote !

Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur actualités

Nul doute, le nouveau millénaire a apporté son lot de changement dans nos modes de vie. Du développement massif de l’utilisation de l’Internet à l’avènement du téléphone intelligent, en passant par l’utilisation des réseaux sociaux et l’économie du partage, bien des choses ont évolué dans notre société depuis 20 ans. Notre façon de se loger a elle aussi changé considérablement, puisque nous délaissons lentement mais sûrement les maisons individuelles. Voici un portrait de la situation depuis 20 ans.

Comme on peut le constater, les maisons unifamiliales étaient très populaires au tournant des années 2000, alors que près des deux tiers des mises en chantiers résidentielles étaient effectuées afin de construire des maisons individuelles. Moins à la mode, la catégorie appartements et autres, qui regroupe les condominiums, les appartements de type locatif et les autres types de propriétés, représentaient moins du quart des mises en chantier en 1995. Pour leur part, les maisons jumelées et les maisons en bandes représentaient moins de 10 % du total des mises en chantiers en 2000. Le tableau ci-dessous illustre bien cette évolution au fil des dernières années.

  MISES EN CHANTIER
  1995 2000 2005 2010 2015 2017
Maison
individuelle
13 428
(61,4 %)
15 349
(62,2%)
23 930
(47,0%)
19 549
(38,1%)
9 698
(25,6%)
10 711
(23,0%)
Appartements
et autres
5 147
(23,5%)
7 197
(29,1%)
23 228
(45,6%)
25 426
(49,5%)
24 333
(64,2%)
31 131
(67,0%)
Maison
jumelée
2 264
(10,3%)
1 291
(5,2%)
2 678
(5,3%)
4 359
(8,5%)
2 650
(7,0%)
2 819
(6,1%)
Maison
en bande
1 046
(4,8%)
858
(3,5 %)
1 074
(2,1%)
2 029
(4,0%)
1 245
(3,3%)
1 834
(3,9%)
TOTAL 21 885
(100%)
24 695
(100%)
50 910
(100%)
51 363
(100%)
37 926
(100%)
46 495
(100%)
Source : Société canadienne d’hypothèques et de logement

Cette situation s’est renversée complètement entre la catégorie appartements et autres et la catégorie des maisons individuelles. En effet, représentant près des deux tiers des mises en chantiers en 2000, la proportion des mises en chantiers des maisons unifamiliales a chuté d’année en année, si bien que moins du quart des propriétés construites en 2017 sont des maisons individuelles. À l’inverse, les appartements représentaient un peu moins d’une mise en chantier résidentielle Graphe Studio 47 sur quatre en 1995, alors qu’ils représentent maintenant plus des deux tiers des nouvelles mises en chantier à l’heure actuelle.

Cette tendance lourde ne semble pas prête à s’estomper. En fait, depuis quelques années déjà, ce sont les tours d’habitation mixtes, comme les tours des Canadiens par exemple, qui prennent le relais. Dans sa publication d’automne 2018, la Société canadienne d’hypothèques et de logement estime qu’environ 10 500 mises en chantiers de logements individuels devraient être réalisées en 2019, contre 35 400 logements collectifs. Ces données sont bien sûr fortement influencées par les grands centres urbains, alors que dans la grande région de Montréal par exemple, il devrait se démarrer uniquement 2 650 mises en chantier de maisons individuelles, contre 20 100 mises en chantier de logements collectifs. Même constat à Québec, alors que les mises en chantiers de maisons individuelles devraient totaliser 765 en 2018, alors qu’il devrait s’ériger 4 100 logements collectifs.

Force est de constater que la construction de maisons individuelles se fait de plus en plus rare dans la province, alors que les gens préfèrent davantage se rapprocher de leur lieu de travail, souvent en milieu urbain. De plus, la hausse des prix des propriétés depuis l’an 2000 joue certainement un rôle prédominant, alors que les prix ont progressé de façon beaucoup plus prononcée que l’inflation et que la hausse des salaires lors des 20 dernières années.

Et dans 20 ans, comment nous logerons-nous ? Plus de quartiers de type TOD (Transit- Oriented Development), de mini-maisons, de petits condos, de maisons pliables et transportables ? Il sera fort intéressant de suivre cette évolution lors des années à venir.