Actualités

Négociation 2021-2025 : une excellente entente financière pour les entrepreneurs

Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur actualités

Nul doute, l’entente sur le renouvellement des conventions collectives qui a eu lieu dans l’industrie de la construction cette année a soulagé bien des entrepreneurs et des donneurs d’ouvrage. Cela dit, ces derniers ont obtenu une excellente entente du point de vue pécunier, comme le démontre le présent article.

L’augmentation de la rémunération globale

Le tableau suivant indique les augmentations qui ont été négociées entre les parties patronales et syndicales. Tel que l’on peut le constater, l’augmentation de la rémunération globale la plus élevée a été accordée en 2021, alors qu’un montant important a été attribué au régime d’assurance de base (MÉDIC Construction). Néanmoins, l’augmentation de la rémunération globale en 2021 (3,25 %) demeurera inférieure à l’inflation au Québec (3,30 %), ce qui est rarement le cas lors de négociations de conventions collectives.

Augmentation de la rémunération globale et inflation
 Année 2021 2022 2023 2024 Total
 Salaire  2,05 %  2,05 %  2,05 %  2,05 %  8,20 %
 Médic1  1,00 % 0,14 % 0,14 % 0,14 %  1,42 %
 Retraite2  0,20 %  0,20 % 0,20 % 0,20 %  0,80 %
 Total 3,25 %  2,39 %  2,39 %  2,39 %  10,42 %
Inflation Qc3  3,30 %  2,80 %  2,00 %  2,00 %  10,10 %
 Différence  -0,05 %  -0,41 %  0,39 %  0,39 %  0,32 %

1- Calculé sur le taux de salaire du charpentier-menuisier.
2- Idem.
3- Prévision BMO au 30 juillet 2021 et taux cible de la Banque du Canada en 2023 et 2024.

De plus, on constate que l’augmentation globale de la rémunération devrait être à peine plus élevée que l’inflation sur l’ensemble de la période de négociation. Nous pouvons ainsi dire que la hausse des coûts de la main-d’œuvre en construction au cours des quatre prochaines années ne devrait pas être un frein à l’investissement dans la province, et ne devrait pas rebuter les donneurs d’ouvrage privés d’investir chez nous.

Régime d’assurance de base

Une somme supplémentaire de 0,40 $ par heure travaillée a été octroyée par les entrepreneurs afin de sauver le régime d’assurance de base, qui est mis à mal principalement par la hausse vertigineuse des prix des médicaments. Considérant que la dernière augmentation de la contribution des entrepreneurs dans le régime était de 0,05 $ de l’heure et qu’elle est survenue le 26 avril 2015, la hausse de la cotisation n’apparaît pas démesurée, surtout que les salariés vont eux aussi contribuer au régime, à la hauteur de 0,25 $ par heure travaillée.

De plus, un mécanisme d’ajustement automatique des cotisations au régime d’assurance est maintenant en place. Ce mécanisme fait en sorte de faire varier les cotisations patronale et salariale du même montant, si bien que chaque sou ajouté par les entrepreneurs au régime d’assurance de base sera égalé par les salariés. Ces derniers participeront financièrement au régime dans une proportion qui augmentera dans le temps, ce qui devrait aider à la saine gestion des couvertures au cours des prochaines années.

Régime de retraite

Comme discuté dans l’article de mon collègue, un mécanisme d’ajustement automatique des cotisations patronales a aussi été négocié, si bien que la cotisation patronale au régime de retraite augmentera désormais au même rythme que les salaires. Ceci signifie que la cotisation patronale sera d’environ 9 % du salaire pour la plupart des compagnons, alors que la cotisation salariale des compagnons sera elle aussi de 9 % pour la majorité des métiers. Force est d’admettre que les cotisations patronales de la grande majorité des régimes de retraite au Québec sont calculées en pourcentage du salaire, et qu’elles sont ainsi automatiquement ajustées à chaque augmentation salariale. De plus, une grande partie des régimes sont financés à 50 % par les employés et à 50 % par les employeurs, ce qui est maintenant le cas pour la plupart des salariés de notre industrie.

Nous pouvons donc conclure que l’entente que nous avons parafée augmente la rémunération globale des salariés de la construction d’un montant pratiquement équivalent à l’inflation prévue au cours des quatre prochaines années. De plus, cette entente permet le sauvetage du régime Médic Construction, et assure son financement à long terme ainsi que le financement à long terme du régime de retraite grâce à des mécanismes d’ajustements automatiques des cotisations patronales et salariales.