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Note économique – Impact de la hausse des taux d’intérêt sur les entreprises en construction

Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur actualités

Nous pouvons maintenant dire adieu aux prêts à faibles taux d’intérêt au Canada. En effet, la Banque du Canada a augmenté son taux directeur de 1 % pour le ramener à 2,5 % le 13 juillet dernier, ce qui en fait la hausse la plus prononcée depuis 24 ans. En fait, c’est l’inflation au pays qui a fait en sorte que la Banque du Canada a dû réagir aussi fermement.

Tel que rapporté dans le rapport sur la politique monétaire de l’institution : « la Banque prévoit que l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation se situera à environ 8 % en moyenne aux deuxième et troisième trimestres de 2022. Elle devrait ensuite ralentir pour s’établir autour de 3 % d’ici la fin de 2023 et retourner à la cible d’ici la fin de 2024. L’inflation diminuera à mesure que l’incidence des prix plus élevés de l’énergie se dissipera, que les problèmes d’approvisionnement s’atténueront, et que la politique monétaire au Canada et à l’étranger fera baisser la demande intérieure et extérieure1. »

Il est de plus en plus clair que la guerre en Ukraine combinée aux confinements en Chine pèsent sur l’offre de biens, alors que la demande est encore fortement stimulée par les injections massives de liquidités des gouvernements mondiaux en réaction à la pandémie de COVID-19. Les banques centrales mondiales n’ont maintenant d’autres choix que de freiner la demande en augmentant les taux d’emprunts.

Ce que ceci signifie pour les entrepreneurs en construction, c’est qu’il sera maintenant plus coûteux de contracter un emprunt afin de financer ses activités. De plus, il est bien possible que des clients du secteur privé renoncent à des rénovations, des agrandissements ou même des projets de constructions neuves, car les coûts de financement seront plus élevés. On n’anticipe cependant pas de diminution marquée des investissements publics, puisque ceux-ci sont indispensables et prévus longtemps à l’avance. Il faut tout de même s’attendre à ce que l’industrie de la construction tourne maintenant à un rythme moins élevé que lors de la première moitié de 2022. Cela dit, la diminution ne devrait pas être dramatique pour le secteur, qui était en surchauffe alors que les prix des matériaux se sont enflammés, et que la pénurie de main-d’œuvre rend les choses difficiles. On anticipe donc un certain rééquilibrage entre l’offre et la demande en construction.

Cependant, si le taux directeur grimpe au-delà de 3 % (certains prédisent 3,5 % au cours des 12 prochains mois), ceci pourrait avoir des incidences sur certaines entreprises en construction. En fait, les entreprises les plus endettées risquent d’avoir des problèmes de liquidité, alors que les frais d’intérêt seront plus élevés, et les entreprises qui ont peu de dettes et plus de liquidités pourraient être avantagées par rapport à leurs compétiteurs.

Une réflexion sur la structure de financement de votre entreprise avec un conseiller financier pourrait possiblement porter ses fruits à court, moyen et long terme, puisque la hausse des coûts de financement est un facteur qui prendra plus d’importance, et ce, dans l’ensemble de l’économie canadienne.

[1] Banque du Canada – Rapport sur la politique monétaire – Juillet 2022.