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Prévisions sur les mises en chantier résidentielles au Québec

Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur actualités

Comme vous l’avez fort probablement déjà lu ou entendu, l’année 2021 est l’année de tous les records en ce qui concerne le nombre de mises en chantier résidentielles. En fait, il faut remonter aux années 1987 afin de retrouver une année comparable à celle-ci.

Pour leur part, les ventes d’habitations battent elles aussi des records, et les inscriptions en vigueur sont à des creux historiques. Cette situation, qui perdure depuis le début de la pandémie, semblait toutefois s’estomper légèrement en fin d’année.

Voici donc les prévisions sur les mises en chantiers pour les prochaines années, ainsi que certaines perspectives sur le marché de la revente.

Tel que l’on peut le constater à la lecture du tableau suivant, les mises en chantier ont fortement bondi en 2021. En fait, il s’est construit 13 896 logements de plus en 2021 qu’il s’en est construit en 2020. Qui plus est, à 54 066 l’année, la quantité de mises en chantier en 2020 était déjà élevée si on la compare à la moyenne des 10 années précédentes. Tel que mentionné dans la dernière parution de cette chronique, ceci est une bonne nouvelle et indique que l’industrie de la construction de la province est en mesure de répondre somme toute rapidement à une augmentation subite de la demande de logement.

Prévisions sur les mises en chantiers résidentielles au Québec (en milliers)
  2020 2021 2022 2023
TD1 54,8 49,4
Desjardins2 55,0 52,0
RBC3 55,0 48,3
BN4 58,0 55,0
BMO5 60,0 55,0
Moyenne 54,1 68,0 56,6 51,9

(1) Perspectives économiques provinciales, Services économiques TD, 22 septembre 2021.
(2) Desjardins Études économiques, Prévisions économiques et financières, décembre 2021.
(3) RBC Services économiques RBC Recherche, Perspectives provinciales, Québec, décembre 2021.
(4) Banque Nationale Marchés financiers, Le mensuel économique, novembre 2021.
(5) BMO Capital markets, Provincial Economic Outlook, 3 décembre 2021.

En 2022 et en 2023, les prévisions des institutions financières inscrites au tableau ci-dessus varient légèrement les unes des autres. On prévoit en moyenne qu’environ 56 600 nouveaux logements devraient être érigés en 2022, et 51 900 en 2023. Bien que moins élevés qu’en 2021, ces niveaux de construction sont fort acceptables, et illustrent bien la vigueur de l’économie québécoise qui se démarque de celle des autres provinces canadiennes depuis quelques années déjà.

Ces hauts niveaux de construction sont tributaires des changements qui s’effectuent dans l’économie, tels que le télétravail qui offre l’opportunité aux gens de travailler de la maison, ce qui stimule la demande pour les logements plus spacieux. De plus, les prêts à faible taux d’intérêt offert par les banques canadiennes aux ménages québécois ont aussi fait en sorte de stimuler la demande de propriété dans la province.

Il ne faudrait pas passer sous silence non plus l’appétit des investisseurs pour les logements du Québec, qui demeurent abordables en comparaison des unités du reste du Canada.

Qu’en est-il du marché de la revente ?

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, par l’entremise de sa base de données Centris, compile les ventes d’habitation de façon mensuelle. Celle-ci indique qu’il y a bel et bien une flambée des prix depuis près de 2 ans, et que les prix des maisons unifamiliales et des copropriétés ont augmenté de plus de 20 % dans la province en 2021. Cependant, lorsque l’on regarde les données de la deuxième moitié de l’année 2021 plus en détail, on s’aperçoit que le nombre de ventes est en diminution par rapport à l’année passée.

En fait, plusieurs prévisionnistes avaient fait mention que nous pourrions assister à une diminution des ventes lors de la deuxième moitié de 2021, et que nous devrions retourner vers un nombre de ventes plus standard en 2022 et en 2023. En ce qui concerne les prix de vente, peu de gens s’attendent à une diminution radicale de ces derniers. Cependant, la croissance vertigineuse que nous avons connue récemment serait derrière nous, et les augmentations de prix devraient se situer autour de 2 à 3 % en 2022, et probablement moins que cela en 2023. En fait, les prix seront fortement influencés par la rapidité avec laquelle la Banque du Canada augmentera son taux directeur, une variable qui sera à suivre avec attention.