Actualités

Prix des logements : l’écart avec le reste du Canada se rétrécit

Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur actualités

Plusieurs économistes et gens d’affaires croient que la crise actuelle n’a pas réellement changé le cours des choses au niveau économique. La crise a plutôt, selon plusieurs, accéléré des changements qui s’effectuaient déjà dans l’économie, mais qui auraient dû avoir lieu plus sereinement lors des prochaines années. En ce sens, il n’est peut-être pas si surprenant de voir les prix des logements, incluant bien sûr les maisons unifamiliales, bondir partout au Canada, et plus particulièrement dans la belle province.

Tel que l’on peut le constater dans le tableau ci-dessous, les prix des logements, tous logements confondus, ont augmenté de façon prononcée au pays entre octobre 2019 et octobre 2020. En pourcentage d’augmentation, ce sont les grands centres urbains du Québec qui ont vu les hausses les plus marquées, alors que les prix se sont appréciés de 17,3 % à Montréal, 21,9 % à Gatineau et d’un incroyable 31,1 % à Sherbrooke. Pour sa part, le marché dans la région de Québec est passé d’un marché d’acheteurs à un marché de vendeurs lors des derniers trimestres, ce qui est certainement encourageant pour les détenteurs de condominium de la région qui attendaient souvent plusieurs mois avant de trouver preneurs lors des dernières années. Notons aussi que les marchés québécois sont pour la plupart à l’avantage des vendeurs, alors que la situation est plus équilibrée dans le reste du Canada.

Prix des logements dans certains centres urbains
Ville Prix Augmentation1 Marché
Calgary 477 009 $ 7,1 % Équilibré
Edmonton 390 798 $ 6,5 % Équilibré
Gatineau 329 519 $ 21,9 % Vendeur
Montréal 474 832 $ 17,3 % Vendeur
Ottawa 559 436 $ 23,9 % Vendeur
Québec 296 903 $ 4,1 % Vendeur
Saskatoon 341 864 $ 10,9 % Équilibré
Sherbrooke 332 197 $  31,1 % Vendeur
Toronto 954 003 $ 13,6 % Équilibré
Vancouver 1 101 105 $ 11,2 % Équilibré
Victoria 796 950 $ 12,4 % Vendeur
Winnipeg 329 107 $ 10,1 % Vendeur

1 Augmentation des prix entre octobre 2019 et octobre 2020
Source : The Conference Board of Canada

Des logements plus abordables au Québec

Malgré les hausses fulgurantes du prix des logements dans les grandes villes québécoises, un fait demeure : les logements sont passablement plus abordables au Québec que dans les autres grandes villes canadiennes, du moins celles se situant à l’ouest de la province. En effet, on constate en regardant les données de près que les logements sont deux fois plus onéreux à Toronto qu’à Montréal, et que les logements à Montréal sont près de deux fois et demie plus abordables qu’à Vancouver. Pour leur part, les prix des logements à Québec s’apparentent d’avantages aux prix des grandes villes de l’est du pays telles qu’Halifax ou St-John. 

Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence les performances du marché résidentiel sherbrookois, qui a vu ses ventes et ses prix exploser depuis la pandémie. En effet, plusieurs résidents montréalais, en plus des Sherbrookois, ont opté pour l’achat d’une propriété dans le coin, question d’y retrouver une quiétude et une distanciation sociale qui manquaient à plusieurs dernièrement. Reste maintenant à voir si cela va perdurer au-delà de la prochaine année.

Prévisions sur les mises en chantier

Une panoplie de prévisions peuvent être retrouvées sur la quantité de mises en chantier qui devraient démarrer en 2021 et en 2022 au Québec et au Canada. La conclusion générale de ces prévisions est qu’il devrait s’ériger près de 50 000 nouveaux logements au Québec en 2021, un peu moins en 2022, et 212 000 logements devraient être démarrés au Canada en 2021, et environ 205 000 en 2022. À plus long terme, et considérant la démographie, les économistes s’attendent à une diminution plus forte des mises en chantier au Québec qu’au Canada.

Prévisions sur les prix des logements

Si l’on croit l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, les prix des logements dans la province devraient s’apprécier de 5 % l’an prochain. Concernant la grande région de Montréal, l’organisme s’attend à une augmentation des prix de 7 % pour les unifamiliales, mais à une diminution de 2 % du prix des copropriétés. En général, les agglomérations de plus grandes envergures verront les prix des propriétés augmenter en valeur plus rapidement que les autres, bien que l’avenir de l’immobilier résidentiel semble prometteur dans l’ensemble de la province.