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La relance de la construction se confirme

Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur actualités

Bien que l’année 2020 sera à oublier côté économie, il est clair que la pandémie n’a pas arrêté l’élan manifeste de l’industrie de la construction qui a redémarré rapidement dans la province.

L’activité estivale près des niveaux records

Après un peu plus de quatre semaines de pause dans le secteur résidentiel et six semaines dans les secteurs institutionnel-commercial, industriel et génie civil et voirie, il est certain que l’activité en construction a ralenti dans la province lors de la première moitié de l’année. En fait, il s’est travaillé près de 17 millions d’heures de moins entre janvier et juin 2020 par rapport à la même période l’an dernier. Bien que ceci puisse paraître inquiétant, les signes de reprise des mois de mai et juin nous permettent de conclure que l’industrie est redémarrée, et qu’elle tourne même à plein régime.

Le tableau ci-dessous présente l’évolution des heures travaillées en construction pour les mois de juin 2019 et de juin 2020. On constate que lorsque corrigé pour le nombre de jours ouvrables, le niveau d’activité de juin 2020 n’est que légèrement inférieur au niveau de juin 2019.

Heures travaillées par secteur d’activités 
  Juin 2019 (24 jours ouvrables) Juin 2020 (19 jours ouvrables) Variation (pourcentage)∗
Ensemble des secteurs 20 381 193 15 500 000 – 3,9 %
Génie civil et voirie 4 534 648 3 291 733 – 8,3 %
Industriel 1 195 050 795 965 -15,9 %
Institutionnel-commercial 10 660 272 8 138 548 – 3,6 %
Résidentiel 3 991 224 3 273 754 3,6 %

* La variation en pourcentage tient compte des jours ouvrables | Source : Commission de la construction du Québec.

En terme annualisé et désaisonnalisé, c’est comme si l’industrie avait produit à un rythme de 171,5 millions d’heures annuellement, un niveau inférieur de seulement 3,9 % par rapport à la même date l’an passé. Ceci constitue un excellent résultat considérant que l’année 2019 fût l’année de tous les records en construction. En fait, si l’activité se maintenait à ce niveau d’ici la fin de l’année, nous pourrions assister à l’une des meilleures années en construction au Québec en termes d’heures travaillées encore une fois cette année.

Manque de main-d’œuvre

La problématique du manque de main-d’œuvre en construction, un sujet chaud qui avait fait couler beaucoup d’encre en 2019, est d’ailleurs revenue en force dès le mois de juin 2020. Un sondage de la Commission de la construction du Québec (CCQ) effectué entre le 1er et le 15 juin 2020 est d’ailleurs venu confirmer cet état de fait. Selon ce sondage, c’est près de 94 % des entreprises en construction qui ont affirmé avoir redémarré les activités dès le début du mois de juin. De plus, les entrepreneurs affirment que la difficulté de recrutement constitue l’enjeu principal de leur entreprise, suivi de près par la qualité et la compétence de la main-d’œuvre. L’augmentation des coûts de construction, la réglementation relevant de la CCQ et la difficulté d’approvisionnement en matériaux constituent aussi des enjeux majeurs pour les entrepreneurs de l’industrie.

Somme toute, la relance de l’industrie de la construction s’est bien passée dans la province. Les semaines de fermetures ont fait chuter l’activité, mais on constate que les entrepreneurs ont rapidement repris leur rythme de croisière par la suite. Les inquiétudes des entrepreneurs se situent maintenant au niveau de l’activité en construction lors des trimestres et des années à venir. Il est effectivement difficile de prévoir pour le moment l’impact que la pandémie aura sur le mode de vie des gens, sur l’économie mondiale et sur l’emploi dans la province. Il est fort à parier cependant que les gouvernements n’hésiteront pas à injecter de l’argent afin de revamper nos infrastructures publiques vétustes s’ils voient que les investissements privés ne seront pas au rendez-vous. Ceci laisse croire que les niveaux de construction des dernières années devraient perdurer pour quelques années encore.