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Les solutions à la pénurie de main-d’œuvre

Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur actualités

La croissance fulgurante des heures travaillées dans l’industrie de la construction des dernières années combinée au vieillissement de la population et au manque d’intérêt des jeunes pour l’industrie créent bien des maux de tête aux entrepreneurs en construction. Nous tentons ici d’élaborer des solutions à cette problématique grandissante.

Promotion de l’industrie

On constate que la construction n’est pas aussi attrayante auprès des jeunes qu’elle l’a déjà été. Il est primordial de changer l’image de l’industrie auprès des jeunes, et ceci commence certainement par une meilleure promotion dans les écoles secondaires, où les jeunes débutent leur réflexion sur leur carrière. Nul doute que les conseillers en orientation et même les professeurs pourraient jouer un rôle prépondérant à cet effet. Bien entendu, d’autres initiatives doivent compléter cet effort, comme des salons de l’emploi, des campagnes publicitaires, des démonstrations dans les écoles, etc.

Étalement des travaux

Discuté à quelques reprises lors des dernières parutions de notre magazine, l’étalement des travaux sur une période de 12 mois, autant dans les écoles que dans les autres sphères de la construction dans la province est une solution envisageable afin de pallier le manque de main-d’œuvre. Les techniques de production ayant évolué ces dernières années, il est de plus en plus envisageable d’allonger la période de construction. Devant la pénurie de main-d’œuvre actuelle, peu de gens peuvent argumenter que ceci engendre des coûts de construction plus élevés, puisque le manque de main-d’œuvre en période de pointe est tout aussi dispendieux, sinon plus.

Productivité

Tel qu’illustré dans le graphique ci-dessous, la productivité de l’industrie de la construction canadienne ne s’est guère améliorée depuis le début des années 1980. D’ailleurs, les entrepreneurs en construction d’expérience sont les premiers à avouer que les techniques de production n’ont pas énormément évolué au cours des dernières décennies, mis à part certains matériaux qui sont devenus plus faciles d’installation et des outils qui sont devenus plus performants. On voit dans le graphique que la productivité des secteurs industriels du reste du Canada a augmenté plus rapidement, et nous savons que les changements technologiques y ont pris une place beaucoup plus importante que dans l’industrie de la construction.

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Rehausser le niveau de productivité par les innovations technologiques constitue la pierre angulaire de la solution à la pénurie de la main-d’œuvre en construction. Ceci pourra se faire sur deux volets, soit les technologies numériques qui permettent une gestion plus efficace des chantiers, et l’outillage en chantier qui permet d’augmenter la rapidité d’exécution des contrats directement sur les lieux de travail. Des travaux à cet effet seront d’ailleurs effectués par notre association au cours des prochains mois et des prochaines années.

Un meilleur accès à l’industrie

Outre la réglementation qui rend les choses parfois difficiles, il existe aussi des problèmes au niveau de l’accès à l’industrie de la construction qui peuvent décourager certaines personnes à accéder aux métiers de la construction. Nous devrons, au cours des prochaines années, développer des méthodes afin d’inclure les clientèles atypiques, tel que les immigrants et les femmes par exemple, qui sont sous-représentés en construction. À cet effet, nous avons remis 27 recommandations au ministère du Travail, qui inclut entre autres une troisième voie d’accès à l’industrie de la construction ainsi que des formations duales.

Il est important de comprendre qu’une seule de ces solutions ne permettra pas de pallier ce problème. Nous devons nous assurer que l’ensemble des solutions énumérées ici sont instaurées dans l’industrie, et tous les acteurs de l’industrie ont une responsabilité afin de les mettre en place.