Construire
BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Lundi 17 décembre 2018

Installation des fourrures sur les murs extérieurs

Viviane Dorion
Viviane Dorion
Chroniqueur Technique du bâtiment

Pour cette première chronique technique, j’aimerais, dans un premier temps, me présenter à vous. Fille d’un charpentier-menuisier, je suis pratiquement née avec un marteau dans les mains. Déjà toute petite, j’avais un intérêt très marqué pour la construction. Cet intérêt ne s’est jamais estompé. J’ai poursuivi mes études et j’ai obtenu le titre de bachelière en génie de la construction en 1997. J’aime tout ce qui touche au domaine de la construction. Je suis une passionnée de la construction.

Comme plusieurs d’entre vous m’ont déjà soumis des questions techniques, j’ai choisi, pour cette première chronique, un thème qui est revenu souvent parmi vos questions, soit l’installation des fourrures sur les murs extérieurs afin de satisfaire aux exigences du plan de garantie de la GCR.

Le Code de construction du Québec, Chapitre I – Bâtiment et Code national du bâtiment – Canada 2010 (modifié) exige que le bâtiment soit construit de façon à empêcher les infiltrations de la pluie et de la neige dans les murs de nos bâtiments. Afin d’assurer la performance à long terme des murs extérieurs, le Code prescrit des exigences minimales pour assurer la pérennité de l’ouvrage. Donc, sauf exceptions énumérées au paragraphe 6 de l’article 9.27.2.2., le paragraphe 5 du même article stipule à l’alinéa b que : les murs extérieurs exposés aux précipitations doivent être protégés contre les infiltrations de précipitations par un revêtement extérieur comportant un premier plan de protection et un deuxième plan de protection muni d’une coupure de capillarité si le nombre de degrés-jours est égal ou supérieur à 3400 et l’indice d’humidité est supérieur à 1,00. Avant de poursuivre, quelques petites précisions sur les termes utilisés dans le Code.

article fourrures murs exterieurs1Figure 9.27.2.2 – 01.2 Lame d’air et vide de construction sous toit. Crédit : Garantie de construction résidentielle

  • Le premier plan de protection
    Est le revêtement extérieur. Il doit limiter les possibilités d’infiltrations de la pluie et de la neige. Il doit aussi avoir les propriétés requises pour résister aux chocs mécaniques, aux vents, aux rayons ultraviolets et bien sûr, aux cycles successifs de mouillage et de séchage ainsi qu’aux cycles de gel et de dégel.

  • Le deuxième plan de protection
    Est constitué des solins et du pare-intempérie. Ce deuxième plan de protection assure une protection supplémentaire contre les intempéries. Si de l’eau réussissait par exemple à traverser le premier plan de protection, le deuxième plan pourra intercepter cet indésirable.

  • La coupure capillaire
    Est construite, règle générale, en fixant des fourrures à la verticale sur le mur extérieur. Cette façon de procéder permettra la présence d’une lame d’air drainée et mise à l’air libre d’au moins 10 mm d’épaisseur entre le revêtement extérieur et l’ensemble porteur.

  • Le nombre de degrés-jours
    Est la somme des températures moyennes sous les 18 oC pendant une année. Par exemple, s’il fait -2 oC, on prendra la différence entre 18 oC et -2 oC, soit 20 oC. Au Québec, le nombre de degrés jour sous 18 oC est partout supérieur à 3 400 selon l’Annexe C du Code.

  • L’indice d’humidité (IH)
    Est un indicateur qui permet de connaître la charge d’humidité imposée aux bâtiments par le climat. L’indice d’humidité est fonction du cycle mouillage-séchage. D’autres facteurs auront une infl uence sur l’IH comme entre autres, la vitesse et la direction des vents, l’exposition du bâtiment à la végétation ou encore la topographie du terrain. Au Québec, l’indice d’humidité varie selon les régions entre 0,80 et 1,18 selon l’Annexe C du Code.

Donc, pour les villes où l’IH est de plus de 1,00, ou selon les recommandations du fabricant du revêtement extérieur, en plus du premier et du deuxième plan de protection, les fourrures doivent être installées à la verticale. Ces fourrures permettront de laisser une lame d’air libre pour ne pas obstruer le drainage de l’eau par gravité si de l’eau parvenait à s’infiltrer au travers le premier plan de protection. De plus, détail très important, la lame d’air ne doit pas communiquer avec le vide de construction sous toit. Aussi, si un revêtement de maçonnerie est installé, un espace devra être prévu au-dessus de celui-ci pour tenir compte du retrait du bois (cet espace sera fonction du nombre d’étages et du retrait anticipé du bois). Enfin, même si la municipalité a un IH inférieur à 1,00, il est recommandé d’installer les fourrures à la verticale comme décrit ci-dessus.

En terminant, il est à noter que dans tous les cas, il est important de suivre les recommandations du fabricant.

Comme le présent article est à titre indicatif seulement, je vous invite à consulter les documents ci-dessous :

  • Fiche technique émise par la GCR - Protection minimale contre les infiltrations de précipitations
  • Code de construction du Québec, Chapitre I – Bâtiment, et Code national du bâtiment – Canada 2010 (modifié).

À titre de conseillère technique, c'est avec plaisir que je répondrai à vos questions techniques et je vous invite à communiquer avec moi par courriel.

Aussi, en plus de vous proposer des chroniques techniques dans la revue Construire, je vais me permettre occasionnellement, de vous faire un « clin d’œil » sur des sujets plus ou moins techniques, mais tout aussi intéressants touchant de près ou de loin le domaine de la construction. À cet effet, je vous invite à communiquer avec moi afin de me proposer des sujets de chronique ou des sujets de « clin d’oeil ».

LE CLIN D'ŒIL
Pouvez-vous être sûrs d’où provient le bois que vous utilisez ? Saviez-vous que, selon Interpol, vous avez une chance sur trois d’acheter du bois illégal et ainsi encourager le crime organisé lorsque vous achetez du bois exotique ? Saviez-vous que le commerce du bois exotique illégal est le troisième plus lucratif après le commerce de la drogue et des armes ?

Les bois exotiques utilisés pour la fabrication de meubles, d’armoires de cuisine ou comme revêtement de plancher sont à risques d’être des bois de contrebande. Une certification comme la certifi cation FSC (Forest Stewardship Council) permet un achat responsable puisque cette certification interdit entre autres l’exploitation illégale des forêts. Pour les bois nord-américains, il y a aussi les certifications CSA (Canadian Standards Association au Canada) ou SFI (Sustainable Forestry Initiative au Canada et aux États-Unis) qui certifient que le bois provient d’une forêt durable.

Donc, pour éviter de soutenir le commerce illégal, mais aussi pour une gestion efficace et responsable des forêts de notre belle planète, assurez-vous de la provenance de votre bois et choisissez des bois certifiés.

Sources : FSC Canada, Écohabitation, ICI Radio-Canada (La Facture) et ICI Radio-Canada (Nouvelles).

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