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Samedi 22 septembre 2018

Plan québécois des infrastructures : des investissements plus qu'essentiels

Jean-Philippe Cliche
Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur Économie

Nul doute, l’état des infrastructures publiques québécoises sera un sujet vivement discuté, alors que la campagne électorale battra son plein. Il est donc approprié de prendre le temps d’apporter des précisions sur ce sujet névralgique pour les citoyens de la belle province.

Tel qu’illustré sur le tableau ci-dessous, le parc immobilier québécois vaut 350 milliards de dollars, contient des milliers d’immeubles, des milliers de kilomètres de routes ainsi que des milliers de kilomètres de réseau d’aqueduc.

Le parc d'infrastructures québécoises en chiffres
350 milliards de dollars
Plus de 28 000 immeubles
9 700 ponts et viaducs
31 000 km de routes
93 000 km de réseau d'eau potable, usée et pluviale
Autres immeubles et équipements en transport collectif

Source : PQI 2018-2028

Bien évidemment, un parc immobilier d’une telle taille représente bien des défis pour le gouvernement en place, des défis auxquels il s’est attaqué prioritairement depuis quelque temps déjà.

En premier lieu, faire l’inventaire. Lors des dernières années, le gouvernement québécois a mené la lourde tâche de répertorier l’ensemble des infrastructures existantes et d’élaborer un indice sur l’état de ces derniers. Au 31 mars 2018, la proportion des infrastructures inspectées et pour lesquelles des investissements sont prévus au plan québécois des infrastructures (PQI) était estimée à 77 %.

Ce que nous savons sur les infrastructures inspectées n’est pas particulièrement reluisant. En effet, nous avons accumulé un déficit d’entretien de nos infrastructures publiques de l’ordre de 20,8 milliards de dollars à ce jour, dont 14,6 milliards sont attribuables aux routes du Québec. La bonne nouvelle cependant, c’est que le gouvernement a bon espoir qu’en maintenant ses investissements élevés lors des 10 prochaines années, il pourra résorber une partie considérable de ce déficit.

Les investissements au PQI 2018-2028

Les investissements dans les infrastructures, tel qu’annoncé au PQI 2018-2028 atteindront des niveaux historiques lors des prochaines années, alors que le gouvernement a annoncé plus de 100 milliards de dollars d’investissement sur 10 ans. De ce montant, 10,029 milliards devraient être investis entre le 31 mars 2018 et le 31 mars 2019 et un autre 10,147 milliards devrait être investi l’année suivante. C’est le réseau routier qui obtiendra la part du lion, avec un montant de 2,186 milliards cette année et de 2,198 milliards l’an prochain. Les investissements en santé et services sociaux occupent la deuxième place, alors que 1,302 milliards y seront injectés cette année et 1,393 milliards durant l’année fiscale 2018-2019.

Le réseau de l'éducation

Les infrastructures des commissions scolaires sont gérées par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). Elles se composent de 4 019 bâtiments. Le déficit d’entretien des écoles primaires, secondaires et des écoles de formation aux adultes s’élève à 3,9 milliards de dollars pour l’ensemble du territoire québécois, et elles ont reçu une cote de D de la part du gouvernement provincial, soit la pire note de l’ensemble du parc immobilier qu’il détient.

Dans le cas des cégeps et des universités, le déficit d’entretien de ces infrastructures s’élève respectivement à 142 millions et à environ 1 milliard de dollars. Le gouvernement attribue également la cote de D aux infrastructures des universités québécoises, et il est clair qu’un effort devra être fait dans ce sens aussi.

Par contre, le MEES demeure convaincu de trouver les moyens d’atteindre l’objectif 7 de la Politique de la réussite éducative, soit de faire en sorte que tous les bâtiments du parc immobilier scolaire soient, d’ici 2030, dans un état satisfaisant. Pour atteindre cette cible, le gouvernement devra poursuivre ses efforts d’allocations ciblées dans les secteurs jugés prioritaires et prendre les mesures assurant une capacité de réalisation des travaux en conséquence.

Bien entendu, l’ACQ suivra la situation de près et vous informera de son évolution au cours des prochaines années.

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