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Mardi 18 décembre 2018

Marché résidentiel : un renversement de tendance complet en 3 ans

Jean-Philippe Cliche
Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur Économie

En seulement 3 ans, le marché résidentiel a fait volte-face, et la menace d’une bulle immobilière envisagée par certains semble loin derrière.

En 2015

Printemps 2015, les inscriptions en vigueur sur le marché résidentiel québécois sont en hausse pour un énième trimestre consécutif. Les prix des propriétés vendues font pratiquement du surplace, et bien des économistes parlent d’un atterrissage en douceur du marché immobilier résidentiel de la province. D’autres sont cependant plus pessimistes et voient l’éclatement d’une bulle immobilière, un phénomène qui inquièterait même les investisseurs les plus aguerris.

Et en 2018 ?

Printemps 2018, les inscriptions en vigueur sur le marché résidentiel québécois sont en forte baisse. Les prix des maisons unifamiliales, des copropriétés et des immeubles de 2 à 5 logements sont respectivement en hausse de 11,5 %, 9,6 % et 14,4 % par rapport au printemps 2015. Les économistes qui laissaient planer le spectre d’une bulle immobilière se font maintenant beaucoup plus discrets, et la majorité des économistes parlent maintenant d’un marché résidentiel robuste, soutenu par une économie vigoureuse.

C’est une combinaison de plusieurs facteurs qui explique ce renversement de tendance dans le marché. En premier lieu, la reprise économique mondiale des dernières années, qui n’est certainement pas étrangère à la création d’emplois au Québec, et donc à la hausse de la demande de propriétés. Si l’on se fie à l’enquête sur la population active de Statistique Canada, il s’est créé 168 800 emplois au Québec entre l’année 2015 et le mois d’avril 2018. La création d’emplois a un effet presque direct sur la demande de logements puisque bien des gens qui rêvent d’accéder à la propriété attendent uniquement l’obtention d’un emploi stable et permanent pour le faire.

 Economie ete 2018

La grande région de Montréal vs les autres régions du Québec

Un autre constat doit être mis en lumière lorsque l’on regarde les données : la grande région de Montréal accapare la majorité de la croissance des ventes observées lors des 3 dernières années, alors que le portrait est plus équilibré pour les autres régions de la province. En effet, les inscriptions en vigueur ont diminué de 10 000 dans la grande région de Montréal entre le premier trimestre de 2015 et celui de 2018, et de 4 500 dans l’ensemble des autres régions du Québec. De plus, les Montréalais ont vu le nombre de ventes au premier trimestre de 2018 augmenter de 2 624 par rapport à 2015, alors qu’il a augmenté de seulement 533 durant la même période dans les autres régions. La création d’emplois a d’ailleurs été plus solide dans la grande région de Montréal pendant ces 3 dernières années.

Les mises en chantier

Pour ce qui est des mises en chantier, il ne fait pas de doute qu’elles ont suivi la tendance haussière de la demande de logements, alors qu’elles sont passées de 36 900 en 2015 à 46 100 en 2017. De plus, la majorité des grandes banques canadiennes ont haussé significativement leurs prévisions de mises en chantier pour l’année 2018 et pour l’année 2019. La Banque de Montréal, pour ne nommer qu’elle, avait une prévision de 40 000 mises en chantier en 2018 et de 38 000 mises en chantier en 2019 en date du 5 janvier 2018. En date du 8 juin 2018, elle prévoyait 47 500 mises en chantier en 2018 et 42 000 en 2019, une hausse substantielle de ses prévisions, qui n’est pas étrangère à la vigueur de l’économie québécoise, et donc à la demande de logements.

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