Construire
BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Mardi 11 décembre 2018

Médic Construction : Attention à la santé financière du régime !

Jean-Philippe Cliche
Jean-Philippe Cliche
Chroniqueur Économie

Le régime d’assurance de l’industrie de la construction, mieux connu sous l’appellation de « Médic Construction, » est un régime privé d’assurance permettant aux salariés de bénéficier de protection en cas de maladie ou d’invalidité qui pourrait sévir pour eux ou un membre de leur famille. Le régime de base coûte 2,10 $ par heure travaillée, et est financé par les employeurs de l’industrie. Des régimes complémentaires d’assurance ont aussi été négociés dans certains métiers au fil du temps, et une contribution patronale additionnelle peut parfois être ajoutée au régime de base.

Depuis maintenant quelques années, les associations patronales et syndicales ont constaté une hausse prononcée des coûts du régime d’assurance, à un point tel qu’il y a maintenant urgence d’agir afin de s’assurer de la pérennité du régime. C’est l’assurance-médicaments, qui représente plus de 50 % des coûts du régime, qui est essentiellement responsable de cette situation. En fait, les coûts attribuables aux remboursements de médicaments ont augmenté de 7 % par année en moyenne depuis 5 ans, ce qui fait une augmentation totale de 40 % en seulement 5 ans.

Cette hausse s’explique entre autres par le fait que de nouveaux médicaments plus performants, mais plus dispendieux font leur entrée sur le marché, et aussi par le fait qu’il y a davantage d’assurés dans le régime, dû à la croissance des heures en construction. Sachez que ceci n’est pas unique à notre régime d’assurance, c’est une réalité pour l’ensemble des régimes d’assurance privés au pays, et tous cherchent des solutions à cette problématique.

L’une des solutions de court terme adoptée par les associations patronales et syndicales fût une réduction des remboursements pour divers soins, incluant les soins de la vue et les soins dentaires, dont entre autres l’orthodontie, l’endodontie et les restaurations majeures. De plus, une baisse de 5 % du remboursement des médicaments a été décrétée pour l’ensemble des salariés, et une hausse de 100 $ du plafond annuel payable par famille a été instaurée. Ces changements prendront effet au début de l’année 2019. Bien que ces décisions n’ont pas été faciles à prendre, elles s’avèrent malheureusement primordiales pour la survie du régime d’assurance, du moins sous sa forme actuelle.

Puisque rien n’indique que la hausse des coûts des médicaments ralentira lors des prochaines années, il est certain que d’autres modifications devront être apportées au régime à court et à moyen terme. Certaines centrales syndicales ont d’ailleurs affiché leur couleur dernièrement, en prônant un régime universel d’assurance-médicaments pour tous les Canadiens. Ils stipulent que négocier le prix des médicaments d’une seule voix donnerait un avantage aux Canadiens face aux compagnies pharmaceutiques, et que des économies de coûts substantiels pourraient ainsi avoir lieu.

Bien que ceci puisse paraître une solution intéressante, nous ne pouvons pas nous y fier, et croire que le problème est résolu. En effet, cette solution est loin d’être réalisée, et encore plus loin d’être mise en place. Nous devrons donc assumer nos responsabilités face à cette situation, et participer activement à la résolution du problème. À cet effet, une publication de la Commission de la construction du Québec explique les mesures que les salariés peuvent prendre au quotidien afin d’aider à la bonne santé financière du régime. Vous pouvez consulter cette publication en cliquant ici. Il est important qu’ils soient tous au courant de ces mesures, et qu’ils soient incités par les entrepreneurs et les autres intervenants de l’industrie à changer leur comportement vis-à-vis Médic Construction.

De plus, et ceci ne vous surprendra probablement pas, il est pratiquement certain que cet enjeu sera l’un des points les plus importants lors de la prochaine négociation des conventions collectives en construction, qui devrait débuter à l’automne 2020, donc dans moins de deux ans.

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