Construire
BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Lundi 21 janvier 2019

Grutier - métier hors du commun

Voir le soleil se lever depuis la cabine d'une grue de chantier parfois à plusieurs mètres du sol, mais surtout prendre part à des travaux souvent risqués comme l'installation d'une tour éolienne ou la mise en place d'énormes pièces d'équipement sur un site industriel, voilà le quotidien d'un grutier ou opérateur de grue.

Qualités requises

Métier exigeant et qui nécessite une minutie à chaque mouvement de manettes, le grutier doit avoir des nerfs à toute épreuve. Il se doit aussi d'être patient puisqu'il peut se retrouver, durant plusieurs heures, exposé aux caprices de la nature, par exemple lorsque de forts vents signifient l'arrêt momentané des travaux en raison des risques élevés d'accidents. On exige de lui une excellente compréhension de la charte de levage et les multiples subtilités des manuels techniques des fabricants, dont les méthodes d'inspection et de calcul du gréage (élingues, manilles, etc.) afin de réaliser une opération de levage conforme et sécuritaire. Un jugement et une concentration impeccables ainsi qu'une excellente connaissance de la trigonométrie (théorème de Pythagore) s'ajoutent aussi aux qualités requises pour un tel travail. 

Grues mobiles sur pneus ou sur chenilles

On retrouve deux catégories de grues mobiles : sur pneus et sur chenilles. Une grue peut être équipée d'une flèche télescopique ou courante. La première est munie d'un système hydraulique pour allonger ou diminuer des sections d'acier contrôlées par l'opérateur. La flèche conventionnelle est composée de plusieurs sections à membrure d'acier qui sont solidement fixées l'une à l'autre pour atteindre la longueur désirée, tout en respectant les consignes du fabricant. Grâce aux innovations technologiques, on voit apparaître sur certains chantiers du Québec des grues mobiles de plus en plus puissantes, allant présentement jusqu'à une capacité de 1 500 tonnes impériales.

Risques contrôlés

Comme tout travail sur un chantier de construction, il importe de pouvoir exécuter ses tâches dans un environnement hautement sécuritaire. Malgré toutes les précautions, les fils électriques représentent l'ennemi numéro un dans l'industrie du levage. En fait, près de la moitié des accidents sont reliés à l'utilisation de la grue près d'éléments sous tension électrique et le renversement de la grue causé par une défaillance de ses appuis au sol. Il faut donc redoubler de prudence lors d'une opération de levage à proximité de lignes électriques et de fondations fraîchement remblayées. Tous les intervenants (opérateurs, gréeurs, signaleurs, ingénieurs, architectes, chargés de projets, contremaîtres, et autres) auraient avantage à suivre une formation qui leur permettrait de mieux comprendre les capacités et les fonctionnalités de ces équipements de chantier.

La norme CSA Z150-1974 définit lesresponsabilités du grutier lors d'une opération de levage. Bien sûr, il est responsable de la réussite ou de l'échec d'une telle opération, mais nous devons reconnaître les obligations de tout employeur à offrir un lieu de travail où rien n'est laissé au hasard lorsqu'il est question de la sécuritédes travailleurs. Ce dernier doit aussi s'assurer de la compétence et de la qualification de l'opérateur.

Les stabilisateurs

À titre de formateur et de conférencier, j'ai remarqué que les stabilisateurs suscitaient beaucoup d'inquiétudes de la part des participants lors de la période de questions. Pour les ingénieurs, la pression exercée au sol par les stabilisateurs est une préoccupation constante. Pour les opérateurs, les ­questions les plus fréquentes concernent l'allongement partiel ou entier des stabilisateurs.

Yannick Morin est ingénieur et président de Kraning inc.

 

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