La société évolue et par le fait même, le monde du travail change et s’adapte continuellement. Les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail. Toutefois, il existe des industries où elles sont trop peu nombreuses, dont l’industrie de la construction. Il y a pourtant plusieurs excellentes raisons d’embaucher des femmes sur vos chantiers de construction.
Hausse de la présence des femmes
Selon la Commission de la construction du Québec (CCQ), l’année 2024 a enregistré une hausse de la présence des femmes sur les chantiers. Au total, 7 885 femmes ont été actives dans l’industrie, ce qui représente environ 4 % de la main-d’œuvre totale.
Comparativement à 2022, où environ 7 200 femmes étaient actives, cela représente une augmentation d’environ 685 travailleuses sur deux ans, confirmant une progression continue de la participation féminine dans le secteur.
Malgré cette avancée, les femmes demeurent encore sous-représentées dans les métiers de la construction, et des efforts soutenus sont nécessaires pour améliorer leur inclusion et leur rétention.
Les 10 métiers ou occupations comptant le plus de femmes en 2024
| Métier/Occupation | Nombre de travailleuses | Part du total des travailleuses (%) |
| Peintre | 1 911 | 24,2 % |
| Charpentière-menuisière | 1 460 | 18,5 % |
| Manœuvre | 1 321 | 16,8 % |
| Électricienne | 762 | 9,7 % |
| Plâtrière | 430 | 5,5 % |
| Carreleuse | 250 | 3,2 % |
| Calorifugeuse | 159 | 2,0 % |
| Ferblantière | 153 | 1,9 % |
| Tuyauteuse | 148 | 1,9 % |
| Couvreuse | 144 | 1,8 % |
| Total des travailleuses pour ces 10 métiers et occupations | 6 738 | 85,5 |
| Total des travailleuses pour l’ensemble des métiers et occupations | 7 885 | 100 |
Source : Commission de la construction du Québec, 2025.
Mesures réglementaires pour l’accès des femmes à l’industrie
Dans le cadre du Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie de la construction (PAEF), une série de mesures sont actuellement en vigueur afin d’augmenter la présence des femmes sur les chantiers de construction.
Mesure 1 : Accès des femmes diplômées à l’industrie
Une femme diplômée dans un métier reconnu peut obtenir sur demande un certificat de compétence valide pendant deux ans, sans avoir besoin d’une garantie d’emploi ou d’une lettre d’engagement d’un employeur. Pour renouveler ce certificat, elle doit avoir travaillé au moins 150 heures en deux ans pour un ou plusieurs employeurs, plutôt que 150 heures en trois mois pour un seul employeur. Elle peut se prévaloir de ce critère de délivrance une seule fois par métier pour lequel elle est diplômée.
Mesure 2 : Accès des femmes non diplômées – état du bassin de main-d’œuvre à 30 %
Une femme non diplômée peut obtenir un certificat de compétence apprenti ou occupation lorsqu’un employeur lui garantit 150 heures de travail sur trois mois si l’état du bassin de main-d’œuvre est à 30 % et moins (pour la région et le métier ou l’occupation demandés). Lorsque sa garantie d’emploi sera complétée, elle devra, tout de même, respecter l’obligation de formation.
Mesure 3 : Nombre d’apprentis par compagnon en chantier – une personne apprentie de plus
Pour chaque femme apprentie qu’un employeur fait travailler sur un chantier, cet employeur peut faire travailler une personne apprentie de plus que la proportion apprenti-compagnon prévue en chantier, jusqu’à un maximum de 20 apprentis supplémentaires, pourvu que les compagnons et les apprentis soient :
- Ses salariés
- Du même métier, ou que la tâche accomplie par l’apprenti fasse partie de l’exercice de l’un des métiers du compagnon.
Mesure 4 : Mobilité des travailleuses et employeur préférentiel – à partir de 400 heures
Un employeur peut faire travailler une femme titulaire d’un certificat de compétence partout au Québec (mobilité provinciale), pourvu qu’elle ait travaillé 400 heures ou plus pour lui, au cours des 24 premiers mois des 26 mois précédant la délivrance ou le renouvellement de son certificat.
Mesure 5 : Sélection automatique lors de l’inscription au CCGIC
Lors de la première période d’inscription au Cours de connaissance générale de l’industrie de la construction (CCGIC), une femme diplômée dans une occupation admissible peut être automatiquement sélectionnée si elle n’a pas été tirée au sort.
Précisions importantes :
- La sélection automatique à la première inscription s’applique spécifiquement aux tuyauteuses et aux soudeuses.
- Une deuxième inscription reste possible à tout moment, peu importe le nombre de places disponibles.
Mesure 6 : Délivrance d’un certificat de compétence apprenti – reconnaissance de 35% d’expérience
Une femme peut faire reconnaître son expérience pour obtenir un certificat de compétence apprenti (CCA) sans devoir présenter une garantie d’emploi. Elle dispose ensuite jusqu’à la première date de renouvellement pour remettre la preuve de ses préalables scolaires. Cette possibilité ne peut être utilisée qu’une seule fois pour un même métier.
Mesure 7 : Délivrance d’un certificat de compétence occupation – reconnaissance d’expérience de travail
Une femme peut se voir délivrer un certificat de compétence occupation (CCO) grâce à la reconnaissance de son expérience, sans devoir fournir de garantie d’emploi, à condition de démontrer qu’elle a accumulé au moins 750 heures de travail pertinentes.
Mesure 8 : Activités de perfectionnement – 20 % de places priorisées pour les travailleuses
Afin de favoriser le perfectionnement des femmes, le Comité sur la formation professionnelle de l’industrie de la construction assure que 20 % des places d’inscription aux activités de perfectionnement sont priorisées pour les femmes.
Mesure 9 : Programme de formation des femmes en entreprise
Ce programme est une volonté des partenaires de l’industrie de la construction à soutenir les femmes, nouvellement entrées dans l’industrie, dans l’apprentissage de leur métier ou de leur occupation. Tout en formant les femmes, le programme permet aussi d’outiller leurs équipes de travail. Enfin, cette démarche a pour but de favoriser l’accès, l’intégration et le maintien en emploi des femmes dans l’industrie, en plus de diversifier leurs apprentissages sur les chantiers.
Mesure 10 : Référence de la main-d’œuvre – priorité aux travailleuses
Lorsque la CCQ réfère de la main-d’œuvre à des employeurs, elle priorise systématiquement toutes les femmes correspondant aux critères de l’employeur qui ne sont pas déjà en emploi.
Pourquoi embaucher une femme dans un milieu d’hommes ?
Les employeurs qui ont intégré des femmes dans leurs équipes ont constaté plusieurs changements positifs :
- Accès à un plus grand bassin de main-d’œuvre compétente pour le recrutement
- Climat et ambiance de travail plus sain
- Plus de respect, de civilité
- Minutie dans le travail
- Image de l’entreprise positive auprès de la clientèle
- Motivation, dynamisme.
Comment faire pour bien intégrer les femmes ?
Développer et promouvoir une politique organisationnelle sur le respect au travail
C’est bien connu, une entreprise qui fait preuve d’ouverture en ce qui a trait à la diversité et à l’inclusion est plus attirante pour les personnes en recherche d’emploi. N’hésitez pas à le mentionner dans votre politique organisationnelle que vous transmettez à vos employés lors de leur embauche.
Se doter d’un processus d’accueil et d’intégration dans votre entreprise (ex. : Programme de formation pour les femmes en entreprise (PFFE))
Le PFFE vise à soutenir les femmes, nouvellement entrées dans l’industrie, dans l’apprentissage de leur métier ou de leur occupation. Entre autres, le programme est entièrement financé par le Fonds de formation des salariés de l’industrie de la construction (FFSIC), un soutien financier versé à l’entreprise de l’ordre de 30 % du salaire de la femme qui bénéficie du programme, et ce, jusqu’à concurrence de 10 000 $, pour une durée maximale de 52 semaines.
Ce programme vous offre aussi des encadrements et des outils, entre autres, pour :
Effectuer un suivi professionnel (évaluation et rétroaction)
Il est fortement recommandé d’effectuer une rétroaction régulièrement auprès de l’employée tout au long de sa période d’intégration afin de l’informer de ses progrès et des éléments à améliorer, s’il y a lieu.
Offrir la disponibilité d’un mentor ou d’une personne-ressource
Le mentor ou la personne-ressource devient une référence pour la nouvelle employée durant son intégration à l’emploi. Il contribue à la réussite et à l’efficacité de l’intégration.
Former vos cadres et vos employés sur le respect au travail et sur la présence des femmes sur les chantiers
En tant qu’employeur, vous avez la responsabilité de vous assurer que les femmes de votre équipe sont respectées personnellement et professionnellement, tant au niveau de leurs conditions de travail que de leurs relations avec les autres membres de l’équipe.
Recruter une femme
Pour certains employeurs, il est difficile, malgré une bonne volonté, de savoir où recruter des femmes pour les embaucher sur leurs chantiers. Voici quelques pistes de solutions.
Carnet référence construction
Faites une demande d’emploi au Carnet référence construction de la CCQ. Toutes les femmes disponibles sont référées prioritairement.
carnet.ccq.org
Mon premier chantier
Service gratuit de référence de nouveaux diplômés dans un métier de la construction.
monpremierchantier.com
Centres de formation professionnelle
Communiquez votre intérêt pour l’embauche de femmes aux centres de formation professionnelle (CFP) de votre région.
inforoutefpt.org
À l’ACQ
Comité attractivité des carrières
En mars 2015, l’ACQ avait mis sur pied le Comité pour l’accès et le maintien des femmes dans l’industrie de la construction, dont le but était de contribuer à l’augmentation de l’embauche et du maintien des femmes dans ce secteur.
Aujourd’hui, cette mission est assurée par le Comité attractivité des carrières, qui soutient les entreprises dans l’accueil et l’intégration des femmes sur les chantiers, tout en appuyant d’autres initiatives de diversité dans l’industrie.
Pour informer, sensibiliser et outiller les entrepreneurs souhaitant intégrer des femmes dans leurs équipes, l’ACQ a également mis en ligne une section dédiée sur son site Web : acq.org/integrationfemmes
Femmes industrie
L’ACQ propose une page dédiée aux femmes dans l’industrie de la construction sur son site Web acq.org. Cette page met en lumière leurs parcours et réalités à travers différents contenus, notamment des balados, des vidéos, afin d’inspirer et encourager davantage de femmes à se lancer dans ce secteur. Pour en savoir plus : acq.org/femmes-industrie
Certification Mixité en chantier
Depuis 2018, l’ACQ et la Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ) remettent une mention Certifié Mixité à des entrepreneurs membres de leurs réseaux.
Pour figurer sur la liste des récipiendaires, les entrepreneurs doivent avoir embauché une femme détenant un certificat de compétence au cours de l’année. Pour plus de détails concernant la mention Certifié Mixité, consultez : acq.org/mentionmixite
À lire aussi : Outils pour embaucher des travailleurs
Nous vous rappelons que, depuis le 1er janvier 2019, tout employeur au Québec a l’obligation de mettre en place une politique de prévention du harcèlement psychologique en milieu de travail, et que de nouvelles obligations sont entrées en vigueur en 2024.
Pour plus d’information, consultez notre site Web : Le harcèlement psychologique et la violence à caractère sexuel – Association de la construction du Québec
