Dans un contexte où la rareté de main-d’œuvre continue de marquer l’industrie de la construction, plusieurs gestionnaires cherchent à mieux comprendre ce qui favorise l’engagement et ce qui peut, à l’inverse, l’éroder progressivement.
Car derrière une démission, il y a souvent un cheminement qui s’étale dans le temps. On parle parfois de « départ silencieux » pour décrire cette phase où un employé, sans avoir encore quitté son poste, commence à se détacher graduellement.
Sans être un phénomène nouveau, cette réalité invite surtout à poser un regard plus attentif sur le vécu des équipes.
Selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ), environ 12,6 % des travailleurs ont quitté l’industrie au cours de la dernière année. À cela s’ajoutent les nombreux mouvements entre employeurs, qui contribuent eux aussi à la dynamique du marché.
Dans ce contexte, chaque geste qui favorise l’engagement et la rétention prend d’autant plus d’importance.
L’engagement, une responsabilité partagée
Sur les chantiers comme au bureau, l’engagement ne repose pas uniquement sur un rôle ou un titre. Il se construit à travers les interactions quotidiennes, l’organisation du travail et le sentiment de contribuer à quelque chose de concret.
Qu’il s’agisse d’un compagnon, d’un chargé de projet, d’un estimateur ou d’un coordonnateur, chacun joue un rôle dans la fluidité des opérations et la réussite des projets.
Un employé engagé, peu importe sa fonction sera porté à :
- Partager ses idées
- Proposer des ajustements
- Collaborer avec ses collègues
- Chercher à améliorer son environnement de travail.
Ces contributions, visibles ou plus discrètes, sont essentielles et méritent d’être reconnues à leur juste valeur.
Être attentif aux signaux, sans tirer de conclusions hâtives
Certains changements peuvent susciter des questions : une participation plus réservée, une baisse d’initiatives ou un certain recul dans les échanges.
Mais ces signes ne traduisent pas toujours un désengagement durable. Ils peuvent aussi refléter une charge de travail plus importante, une période plus exigeante ou des réalités personnelles.
L’enjeu n’est donc pas de « diagnostiquer » rapidement une situation, mais plutôt de rester à l’écoute et de maintenir des canaux de communication ouverts.
Miser sur des échanges simples et concrets
Les milieux qui réussissent à maintenir un bon niveau d’engagement sont souvent ceux où les discussions font partie du quotidien.
Pas nécessairement à travers des processus formels, mais par des échanges réguliers, accessibles et sincères.
Quelques questions peuvent aider à ouvrir ces conversations :
- Qu’est-ce qui va bien dans ton travail ces temps-ci?
- Y a-t-il des irritants qu’on pourrait améliorer?
- Qu’est-ce qui te facilite (ou te complique) la tâche sur le terrain ou au bureau?
- Où vois-tu des gains possibles dans nos façons de faire?
- Qu’est-ce qui te motive à rester impliqué dans tes projets?
Ces discussions permettent souvent de faire émerger des ajustements concrets, parfois simples, mais significatifs.
Agir tôt, à l’échelle de toute l’équipe
Dans une industrie où les besoins de main-d’œuvre demeurent importants, la CCQ mentionne qu’il y aura un manque de près de 17 000 nouvelles personnes par année d’ici 2030, l’engagement ne peut pas être abordé uniquement au moment des départs.
Plusieurs organisations choisissent d’agir en amont, en misant notamment sur :
- L’amélioration du quotidien sur les chantiers et au bureau;
- La simplification de certaines procédures;
- Une meilleure circulation de l’information;
- La reconnaissance des contributions, à tous les niveaux.
Ces approches contribuent à créer un environnement où chacun se sent concerné et écouté.
En bref
Le « départ silencieux » n’est pas uniquement un enjeu individuel. Il reflète souvent un ensemble de facteurs liés à l’environnement de travail.
En portant attention à ces signaux et en favorisant des échanges ouverts, les organisations ont l’occasion de renforcer l’engagement, non pas seulement auprès de certains rôles clés, mais à l’échelle de toute l’équipe.
Vous voulez en apprendre plus sur le sujet ?
- L’importance de l’influence des leaders dans l’engagement (en Anglais)
- Étude sur les abandons dans l’industrie de la construction au Québec (Janvier 2021)
- Sondage léger sur l’état de la situation DIH dans l’industrie de la construction (2023)
- Perspectives professionnelles 2026-2030 : La construction, secteur pilier de l’économie, maintient d’excellentes perspectives professionnelles