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Formation initiale des travailleurs en construction : l’ACQ propose des solutions pour mieux répondre aux besoins

Association de la construction du Québec
Actualités de la construction

En 2026, les élèves dans le programme de formation en électricité consacrent encore 30 heures à l’apprentissage de l’ordinateur. Alors que les technologies et les méthodes de travail évoluent sur les chantiers, les programmes de formations ne suivent pas réellement le rythme de l’industrie.

Nous sommes face à une pénurie de main-d’œuvre estimée annuellement à 17 000 personnes par la Commission de la construction du Québec (CCQ).  C’est dans cette perspective que l’ACQ dévoile son livre blanc Former la relève pour bâtir le Québec de demain. Ce document présente les principaux défis du système actuel et propose des pistes d’action pour mieux répondre aux besoins des entreprises.

Le constat est clair : la pénurie de main-d’œuvre en construction n’est pas seulement un enjeu de nombre de travailleurs, mais bien de qualification, de productivité, de rétention et d’organisation de l’offre de formation. Si rien ne change, le Québec continuera de compenser par des solutions à court terme, au risque d’affaiblir durablement sa capacité à livrer des projets.

La formation initiale des travailleurs au Québec

Actuellement, c’est près de 75 % des nouveaux salariés ayant intégré l’industrie en 2024 qui ne sont pas titulaires d’un diplôme d’études professionnelles, ayant accédé aux chantiers par le système des bassins de main-d’œuvre. À l’inverse, il y a 10 ans, 59 % de nouveaux salariés de l’industrie possédaient une formation. La dynamique s’est donc totalement transformée en une décennie.

Malgré des inscriptions en hausse dans les différents programmes, des freins existent à la diplomation. Les formations demeurent concentrées dans les grands centres urbains, notamment pour certains métiers, dont ceux de l’acier, ce qui soulève un enjeu d’accessibilité pour les personnes qui vivent loin des grands centres.  

À cette offre inégalement répartie sur le territoire s’ajoute le faible arrimage entre le contenu de la formation et la réalité des chantiers. Près de 57 % des entrepreneurs interrogés soulignent que les diplômés des dernières années n’ont qu’une faible connaissance des chantiers.

Ces défis sont importants, et leur résolution est cruciale pour l’augmentation de la productivité de l’industrie québécoise de la construction. Il est toutefois possible de les relever grâce à la collaboration entre les différents acteurs de l’industrie et le futur gouvernement du Québec.

Rendre à la formation professionnelle ses lettres de noblesse

La logique actuelle de recrutement a plusieurs impacts, notamment sur la productivité, la qualité des travaux, la valorisation des cursus et la rétention de la main-d’œuvre. Il est estimé d’ailleurs qu’à cinq ans, ce sont près de 40 % des travailleurs non diplômés qui quittent l’industrie, contre 24 % chez les diplômés.

Il est donc nécessaire de mettre de l’avant les différents métiers de la construction en augmentant le nombre de campagnes de valorisation. Dans le même temps, il est nécessaire de moderniser et d’actualiser plus rapidement les programmes de formation. Près de 39 % des programmes proposés actuellement n’ont pas été mis à jour depuis au moins 15 ans.  Rapprocher les étudiants de la réalité des chantiers passe donc par une actualisation des formations.

Cette transmission des savoirs ne peut s’opérer sans des travailleurs de la construction qui décident de partager leurs connaissances. Afin de favoriser la rétention des travailleurs et de leur permettre d’accompagner la relève, l’ACQ propose de faire en sorte que les DEP offerts en centre de formation soient donnés par des formateurs sans obligation de baccalauréat en enseignement.

Dans l’optique de faire découvrir la réalité des chantiers aux travailleurs, la majorité des programmes doit être adaptée en alternance travail-études (ATE). Cette technique de formation permet de jumeler bancs d’école et temps en entreprise, et de parfaire ses connaissances directement sur le terrain.

La formation ne devrait pas dépendre du code postal. Pourtant, plusieurs programmes ne sont disponibles que dans les grands centres urbains. À cet effet, l’ACQ propose de développer des pôles régionaux de formation.

Consulter le Livre blanc.