Actualités

L’industrie de la construction en 2026 : entre continuité et repositionnement 

intro-perspectives 2025
Félix Rhéaume
Chroniqueur actualités

Ce que 2026 nous réserve

Malgré toute l’incertitude qui planait au-dessus de nous, notamment en raison de la guerre commerciale et des tarifs douaniers américains, l’année 2025 fut marquée par un volume d’heures travaillées sans précédent.

Selon les données et les prévisions de la Commission de la construction du Québec (CCQ), 213,3 millions d’heures devraient être travaillées en 2026, confirmant un niveau d’activité soutenu à l’échelle du Québec et la solidité de l’industrie. Cette continuité globale masque toutefois des réalités contrastées entre les différents secteurs, alors que certains moteurs traditionnels ralentissent pendant que d’autres prennent le relais.

Dans ce contexte, les perspectives pour 2026 seront façonnées à la fois par l’évolution des investissements publics et privés, par la conjoncture économique, mais aussi par un enjeu transversal majeur : la pénurie persistante de main-d’œuvre, qui continue d’influencer la capacité de l’industrie à livrer les projets et à répondre aux besoins du Québec.

Investissements publics : des signaux mitigés

Malgré une volonté affichée, notamment au niveau fédéral, de poursuivre les investissements en infrastructures — incluant les infrastructures de défense —, le ralentissement anticipé des investissements publics au Québec soulève des inquiétudes. La diminution anticipée des dépenses en infrastructures, particulièrement dans les secteurs de l’éducation et des bâtiments institutionnels, pourrait freiner l’activité dans certains sous-secteurs clés.

Repli dans l’industriel et le commercial

Le secteur industriel devrait connaître un fléchissement notable en 2026 par rapport à 2025. Cette baisse s’explique en grande partie par l’abandon ou le report de plusieurs projets liés à la filière batterie. La CCQ anticipe ainsi un recul significatif d’environ 14 % des heures travaillées dans ce secteur.

Le secteur institutionnel et commercial ne sera pas épargné. Une diminution d’environ 2 % des heures travaillées est prévue. Certains projets majeurs viendront toutefois atténuer cette tendance, dont la construction du nouvel hôpital de Vaudreuil‑Soulanges.

intro economie residentiel hiver

Le résidentiel en croissance, mais sous contraintes

Porté par un contexte socioéconomique relativement favorable, le secteur résidentiel devrait afficher une croissance appréciable en 2026. La CCQ prévoit une hausse d’environ 3 % des heures travaillées, soutenue par une forte demande en logement et par la récente baisse des taux d’intérêt.

Cette relance demeure toutefois fragile. Des enjeux structurants, notamment la capacité limitée des infrastructures municipales en eau, pourraient freiner le rythme de développement de nouveaux projets résidentiels dans plusieurs régions.

Génie civil, voirie et énergie : des moteurs de croissance

Le secteur du génie civil et de la voirie s’annonce comme l’un des principaux moteurs de l’activité en 2026. La mise en œuvre de grands projets d’infrastructures, tels que le Réseau express métropolitain (REM) et le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, soutiendra fortement la demande. Selon la CCQ, une croissance d’environ 3 % des heures travaillées est anticipée dans ce secteur.

À cela s’ajoute le Plan d’action 2035 d’Hydro‑Québec, qui viendra soutenir durablement l’activité et assurer un niveau d’occupation élevé pour les années à venir.

Un enjeu transversal : la pénurie de main-d’œuvre

Au-delà des perspectives sectorielles, la pénurie de main-d’œuvre demeure un enjeu central pour l’industrie de la construction. Dans plusieurs métiers et régions, la capacité de livrer les projets à terme et dans le respect des budgets dépendra directement de la disponibilité de travailleurs qualifiés. Ce défi structurel pourrait limiter le plein déploiement des investissements prévus et accentue l’importance des efforts en matière de formation, de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre.

En conclusion

En somme, bien que 2026 s’inscrive dans un contexte de légère baisse des heures travaillées, l’industrie de la construction pourra compter sur de nombreux projets structurants pour maintenir son dynamisme. Fidèle à sa réputation, l’industrie continue de démontrer sa robustesse et sa capacité d’adaptation face à des réalités économiques, sociales et politiques de plus en plus complexes.