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BRANCHÉ SUR LA CONSTRUCTION
Vendredi 17 août 2018

Incapable de lire convenablement une fiche technique ?

Anne-Estelle Bedard
Anne-Estelle Bedard
Chroniqueur Formation

Consulter la fiche technique d’un matériau pour savoir s’il est compatible avec la surface sur laquelle il est installé ne vous pose probablement pas de difficulté si vous êtes en train de lire cet article ! Cependant, pour plus d’un travailleur, il peut s’agir d’un véritable défi : plusieurs préféreront d’ailleurs s’en abstenir ce qui, comme vous vous en doutez, risque parfois d’entraîner des conséquences fâcheuses.

Ces travailleurs qui éprouvent des difficultés à lire des textes et à en comprendre le sens font partie des 53 % de Québécois de 16 à 65 ans qui sont analphabètes fonctionnels. Vous avez bien lu ! Un adulte sur deux au Québec n’atteint pas le seuil minimal de littératie pour fonctionner de façon optimale dans la
société. Ils sont par exemple incapables de lire les instructions d’une nouvelle machine ou de comprendre une prescription médicale.

Quels impacts pour les entreprises ?

Erreurs récurrentes lors de l’installation d’un produit, mauvaise compréhension des instructions ou des plans, accidents de travail, difficulté à remplir des formulaires, incapacité à utiliser de nouveaux outils informatiques : les travailleurs qui éprouvent des difficultés à lire et à écrire entraînent des répercussions
sur la performance organisationnelle d’une entreprise.

D’ailleurs, au mois de février dernier, le Conseil consultatif sur l’économie et l’innovation a proposé 12 recommandations au gouvernement pour valoriser la croissance des PME québécoises : l’une d’elles vise à augmenter les compétences de base en littératie et les compétences numériques de la main-d’oeuvre québécoise. Après tout, à quoi bon investir en innovation et en technologie pour augmenter la productivité des entreprises si les employés ne sont pas en mesure de suivre le rythme, faute de compétences ?

Quels sont les avantages de l’alphabétisation pour les entreprises ?

Selon la Fondation pour l’alphabétisation, les avantages sont nombreux d’investir dans la formation de base en milieu de travail : augmentation de la productivité et de l’efficacité au travail, amélioration de la compétitivité, accroissement du dynamisme et de l’enthousiasme de la main-d’oeuvre, meilleure fiche en matière de santé et sécurité du travail, rétention du personnel et des clients, etc.

Quelles sont les solutions ?

Les entreprises peuvent mettre en place des incitatifs et des conditions favorisant la motivation des employés à entreprendre une démarche d’alphabétisation : aménagement d’un local d’étude, cours offerts sur le lieu de travail, rémunération des présences aux activités de formation, horaires flexibles accommodant la participation, etc.

1- FORMATION DU PERSONNEL

Les entreprises dont la masse salariale annuelle s’élève à plus de 2 millions de dollars doivent investir au moins 1 % de leur masse salariale dans la formation du personnel. Ces entreprises peuvent par exemple organiser des formations en informatique, en francisation ou de mise à niveau pour l’obtention d’un diplôme
de secondaire 5.

2-ACTIVITÉS DE FORMATION

Les PME peuvent avoir recours aux services des commissions scolaires pour organiser des activités de formation de base en entreprise.

3- AIDE FINANCIÈRE

Emploi-Québec peut fournir aux employés une aide financière pour des cours d’alphabétisation grâce à la Mesure de formation de la main-d’oeuvre.

4- LIGNE D’AIDE ET D’INFORMATION

La ligne Info Apprendre est une ligne d’aide et d’information destinée aux adultes qui désirent obtenir des conseils dans leur démarche de formation.
Pour plus d’informations : 1 888 488-3888.

LE SAVIEZ-VOUS ?
La littératie est la capacité des adultes de comprendre, d’évaluer, d’utiliser et d’analyser des textes écrits pour participer à la société, atteindre leurs objectifs, perfectionner leurs connaissances et développer leur potentiel.

La littératie est classée en 5 niveaux : le niveau 3, supposément atteint avec un diplôme de secondaire V, est considéré comme étant le seuil acceptable selon le Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA). Malgré leur diplomation, 24,1 % des Québécois de 16 à 65 ans ne l’atteignent pas.

Selon la Fondation pour l’alphabétisation, 19 % de la population a un niveau de littératie très faible (niveau 1 ou moins).

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