Face à la pénurie de main-d’œuvre dans la construction, de nouvelles formules de formation gagnent du terrain.
À l’automne 2025, l’ACQ a lancé un projet de formation novateur permettant à deux cohortes d’une vingtaine d’apprentis-étudiants d’entreprendre un DEP en briquetage-maçonnerie et un DEP en installation de revêtements souples. Réalisé en partenariat avec l’École des métiers et occupations de l’industrie de la construction du Québec (EMOICQ), le projet bénéficie d’un appui financier de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), par l’entremise du programme COUD.
Le projet de formation repose sur le modèle de l’alternance travail-études (ATE), une approche reconnue par le ministère de l’Éducation qui permet d’intégrer des périodes de travail en entreprise directement au cursus scolaire. Le programme COUD agit pour sa part comme levier financier, facilitant la mise en œuvre de projets de formation adaptés aux besoins du marché du travail, et ce, par l’entremise d’une subvention salariale versée aux entreprises accueillant les apprentis-étudiants.
L’ACQ a joué dans ces projets un rôle déterminant de promoteur collectif. Notre équipe a identifié les besoins exprimés par les entreprises, mobilisé les partenaires et coordonné les travaux avec l’EMOICQ et la CPMT, tout en offrant un accompagnement administratif et financier essentiel au déploiement des cohortes.
L’ACQ est le seul promoteur collectif reconnu par la CPMT dans l’industrie de la construction, aux côtés de la CCQ. Cette approche permet d’alléger la charge pour les entreprises participantes et de sécuriser leur engagement, tandis que les employeurs conservent la responsabilité du développement des compétences sur le terrain, de l’encadrement et de la supervision des apprentis, notamment par la complétion des cahiers de stage.
Pour les employeurs, le programme COUD constitue un levier concret pour investir dans la formation de la relève. Grâce à une subvention salariale pouvant atteindre 25 000 $ par participant, les entreprises peuvent former la relève tout en limitant les risques financiers, un incitatif particulièrement important pour les PME.
Pour les apprenti-étudiants, les retombées sont immédiates : un revenu pendant les études, une immersion rapide dans la réalité des chantier et l’obtention d’un certificat de compétence apprenti-étudiant délivré par la CCQ, facilitant l’accès au marché du travail. Cette approche contribue aussi à réduire les abandons, en permettant aux participants de valider rapidement leur choix de métier.
Le projet en installation de revêtements souples revêt une portée particulière : grâce au programme COUD, il a été possible de relancer un DEP que l’EMOICQ n’offrait plus depuis quelques années, faute d’un nombre suffisant d’inscriptions.
Comme le souligne l’EMOICQ :
« L’EMOICQ est très fière de participer à ce projet inédit dans l’industrie de la construction. Les élèves constatent rapidement les avantages de la formation en alternance, notamment la possibilité de découvrir les entreprises et la réalité des chantiers avant même leur entrée officielle dans l’industrie. La rémunération constitue également un levier important, facilitant un retour aux études. Le programme COUD est une chance pour notre industrie, qui profitera autant à la relève qu’aux entrepreneurs. »
Rémi Veilleux, directeur, EMOICQ.
Du côté des entreprises, les retombées sont bien concrètes :
« Lorsque nous avons été invités à participer à ce programme, nous y avons vu l’opportunité de poursuivre la formation d’une de nos employées et d’acquérir de nouveaux talents. Comme les salaires sont remboursés à un taux convenable, le programme devient un moyen vraiment efficace d’avoir des employés motivés à apprendre. Bien que la structure demande un effort administratif, nous avons été bien accompagnés et sommes ravis des acquis que ce projet apportera. »
Bianca Daigle, adjointe administrative, Couvre‑Planchers Nord Sud.
Fière de ces premières réalisations et convaincue de leurs retombées positives pour les employeurs et la relève, l’ACQ poursuit actuellement ses travaux afin de déployer d’autres projets COUD, dans d’autres métiers et d’autres régions, toujours dans une logique de concertation et d’innovation au service de l’industrie de la construction.