Bâtir le Québec de demain : le défi des entrepreneurs d'aujourd'hui

Francis Roy
Francis Roy
Chroniqueur Developpement durable

À pareille date l’an dernier, rien ne laissait présager que l’industrie de la construction allait connaître une de ses meilleures années en termes de nombre d’heures travaillées. Au contraire, la CCQ prévoyait une diminution du nombre d’heures travaillées de 2 %, alors que dans les faits, ce sont 10 % d’heures de plus qui se sont travaillées en 2018 comparativement à 2017. Au total, dans l’ensemble des secteurs de la construction, la CCQ prévoit que nous aurons travaillé 161,5 millions d’heures en 2018, alors qu’elle prévoyait que nous allions en travailler seulement 144 millions.

Les investissements publics et privés étaient donc au rendez-vous en 2018. D’ailleurs, tout porte à croire que nos carnets de commandes seront tout aussi remplis en 2019, puisque la CCQ vient de revoir à la hausse ses prévisions pour le nombre d’heures travaillées. Elle estime qu’il se réalisera plus 157 millions d’heures de travail cette année.

À la lumière de ces informations, nous ne pouvons passer à côté de la pénurie de main-d’oeuvre qui touche non seulement notre industrie, mais aussi l’ensemble des secteurs économiques du Québec. Le Conseil du patronat du Québec estime que 1,5 million de postes devront être pourvus, tous secteurs confondus, d’ici les 10 prochaines années. Outre la création de nouveaux emplois, qui représente 20 % des postes à combler, la grande majorité de ces emplois consisteront à remplacer les départs à la retraite.

Pénurie de main-d'oeuvre : le défi est de taille !

Ce défi est d’autant plus grand pour notre industrie puisque les jeunes désertent les cours de formation professionnelle reliés à la construction et que les mesures de rétention des travailleurs en âge de prendre leur retraite sont difficilement applicables au milieu de la construction où le travail devient de plus en plus exigeant avec l’âge. Nous devrons donc faire preuve d’imagination afin de recruter de nouveaux talents et de conserver les travailleurs qui nous permettront de répondre à la demande.

 Du côté de l’ACQ, la réflexion est déjà bien entamée afin de proposer des solutions concrètes aux entrepreneurs. Stratégies de rétention et d’attraction de la main-d’oeuvre, intégration des personnes immigrantes, des autochtones, des femmes et représentation auprès des instances gouvernementales afin de moderniser les pratiques de l’industrie sont quelques exemples des actions qui seront prises par notre association au cours des prochains mois.

Si nous souhaitons répondre à l’appel de notre nouveau premier ministre, qui souhaite faire de l’éducation sa priorité, et bâtir le Québec de demain, c’est toute notre industrie qui devra se mobiliser. D’ailleurs, nous misons beaucoup sur le travail de la grappe de la construction, qui regroupe tous les acteurs de l’industrie, pour penser notre industrie autrement et nous guider face aux nombreux défis que nous devrons affronter au cours des prochaines années. Pensons entre autres, au virage numérique qui nous permettra de gagner en productivité et en efficacité tout en améliorant la sécurité des travailleurs.

Finalement, je voulais profiter de cette tribune pour exprimer toute ma gratitude envers Luc Bourgoin, directeur général de l’ACQ. Luc a choisi de prendre une pause pour reprendre du mieux à la suite des ennuis de santé qu’il a vécus l’automne dernier. Au nom de toute l’équipe, prompt rétablissement Luc et au plaisir de retravailler avec toi dans un avenir prochain.

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