À l’approche des élections générales québécoises du 5 octobre prochain, l’issue de la campagne électorale est encore incertaine, malgré l’avance persistante du Parti québécois dans les intentions de vote. Selon les plus récentes projections de Qc125, le Parti québécois (PQ) de Paul St‑Pierre Plamondon récolterait près de 30 % des voix et obtiendrait environ 60 sièges, ce qui en ferait le grand favori pour former le prochain gouvernement. Le Parti libéral du Québec (PLQ) suivrait avec près de 39 sièges projetés, tandis que la Coalition avenir Québec (CAQ), au pouvoir depuis 2018, ferait face à un recul important. Bien que les projections accordent au PQ de fortes probabilités de former le prochain gouvernement, la majorité demeure incertaine et plusieurs observateurs soulignent qu’une campagne électorale peut apporter son lot de rebondissements.
Propositions de l’ACQ
La période électorale représente donc une occasion déterminante de mettre en lumière les priorités de l’ACQ pour l’industrie auprès des décideurs et de rappeler le rôle stratégique que la construction joue dans la santé économique du Québec. Rappelons que la construction représente près de 7% du PIB québécois. À cet effet, l’ACQ présente ses propositions dans sa plateforme électorale, qui aborde notamment les coûts de construction, l’allègement réglementaire, les représentants en santé et en sécurité (RSS), la productivité, l’habitation et les programmes de formation, dans le but de rendre l’industrie de la construction plus productive, agile et compétitive.
Réduction des coûts et allègement
Dans un premier temps, il est nécessaire que des changements de pratiques aient lieu rapidement afin de résoudre la pression sur les coûts de construction, notamment pour les délais de permis de construction. Par exemple, un délai d’un an pour l’octroi d’un permis de construction dans le cadre d’un projet de 10M$ est estimé à 710 000$, coût qui se retrouvera irrémédiablement dans la facture finale du projet. Dans un ordre d’idée similaire, des allègements réglementaires simples dégageraient des économies pouvant atteindre plus de 156 M$[1], tel qu’un guichet unique ou des formulaires préremplis.
Représentants en santé et en sécurité (RSS)
Selon nos estimations, la présence des RSS sur les chantiers de construction représente un coût additionnel direct de plus de 300 M$ par année, contribuant ainsi à une hausse générale des coûts de réalisation sans réel impact sur le bilan lésionnel. Par conséquent, nous croyons que la suppression de la fonction de RSS permettrait de réallouer des ressources financières considérables à des mesures de prévention mieux ciblées qui auraient un plus grand impact afin d’améliorer le bilan lésionnel de notre industrie. Par exemple, une des solutions pourrait être la mise à jour de la formation Santé et sécurité générale sur les chantiers de construction (ASP) avec un nombre minimal d’heures de formation continue.
Productivité
Ensuite, l’ACQ préconise une plus grande polyvalence des métiers de finition intérieure afin d’augmenter la productivité de l’industrie. Nous recommandons également au prochain gouvernement de valoriser davantage les parcours de formation professionnelle ainsi que de les moderniser pour les adapter aux nouvelles réalités des chantiers. En effet, 39% des programmes de formation n’ont pas été modernisés depuis au moins 15 ans. À titre d’exemple, le DEP en peinture en bâtiment comprend systématiquement 30 heures de cours en mélange des couleurs. Toutefois, cette tâche n’est plus exercée sur les chantiers actuels, car les peintures arrivent déjà mélangées. Ainsi, sans une modernisation et une actualisation des programmes, d’anciennes pratiques sont toujours enseignées alors qu’elles ne sont plus utilisées sur les chantiers. Il est nécessaire que les formations suivent le rythme des avancées techniques du milieu.
Habitation
Outre les enjeux propres au secteur de la construction, l’ACQ s’est également investi dans la recherche de solution face à la crise de l’abordabilité. Il faut, notamment, rehausser les investissements dans la modernisation des infrastructures souterraines en eau et mettre en place des mesures fiscales pour diminuer les prix des loyers et des nouvelles constructions.
Un ministre de la construction
Finalement, il nous apparaît plus nécessaire que jamais de doter le gouvernement d’un leadership clair, cohérent et imputable en matière de construction. La multiplicité des intervenants, la dispersion des responsabilités entre différentes autorités, la complexité des cadres réglementaires et l’ampleur des besoins en infrastructures et en habitation commandent une gouvernance mieux coordonnée.
C’est pourquoi l’ACQ recommande la création d’un poste de ministre de la Construction, qui agirait comme responsable gouvernemental des dossiers liés à la planification, à la réglementation, à la coordination et à la réalisation des projets de construction.
Une priorité pour l’élection
Pour terminer, les enjeux liés à la construction devraient ainsi occuper une place centrale dans les débats électoraux et dans les propositions livrées par les différents partis. La crise de l’abordabilité continue d’exercer une pression importante sur le marché immobilier, et plusieurs partis politiques en font une priorité, alors que les besoins en habitations et en infrastructures publiques ne cessent de croître. À cela s’ajoutent les défis liés à la modernisation des écoles, des hôpitaux, et des infrastructures municipales, dont celles en eau, partout au Québec. Les partis seront donc appelés à présenter des engagements concrets pour améliorer la productivité de l’industrie, répondre aux besoins de main-d’œuvre et assurer un financement adéquat des investissements publics.
Nous vous invitons à consulter régulièrement notre page Web consacrée aux élections afin de rester à l’affût des engagements qui seront annoncés par les formations politiques au cours de la campagne.
Pour en savoir plus, consultez nos recommandations.
[1] Pour en savoir davantage, consultez les propositions d’allègement réglementaire de l’ACQ.