SST

Santé et sécurité du travail : Prévention et participation sont au rendez-vous sur les chantiers

Alain Lahaie
Chroniqueur SST

La participation des employeur.e.s et des travailleurs et travailleuses est essentielle au bon fonctionnement de la prévention.

C’est l’une des conditions favorables de la prise en charge efficace de la santé et de la sécurité du travail (SST). C’est une responsabilité partagée entre ces personnes.

Pour assurer l’implantation des mécanismes de prévention et de participation, ils doivent viser la cible zéro-accident tous ensembles.

L’objectif est de créer une culture de collaboration, d’ouverture et de respect en SST, où les idées et les solutions sont librement partagées et mises en œuvre pour créer un environnement de travail sécuritaire et répondre aux interrogations prononcées.

L’employeur doit élaborer des activités qui permettra aux travailleurs de participer à l’indentification et à l’analyse des risques dans le milieu de travail, de suggérer des mesures de prévention, de corriger et finalement de contrôler les risques.

Lorsque l’occasion se présente de faire participer les travailleurs aux démarches préventives, il est plus facile pour les travailleurs d’adhérer au concept de la SST dans ce sens.

Comment les travailleurs peuvent-ils s’intégrer à la prise en charge de la SST ?

Selon le cas, ils peuvent unir leurs efforts avec l’employeur pour élaborer un Programme de prévention.

Ils pourront, de plus, mettre par écrit l’identification et l’analyse des risques reliés au travail sur le chantier.

Quelques autres mécanismes de participation des travailleurs tels que la formation ou l’intégration à un comité de chantier selon le cas, la désignation d’un RSS à temps partiel sur les chantiers de 12 millions ou 100 travailleurs et moins.

Lors de la participation de travailleurs dans de tels occasions ils pourraient, par exemple, poser des questions, verbaliser ou écrire sur un formulaire les problèmes de SST et même apporter des suggestions à leur contremaître ou à la personne en autorité lors de discussions, de réunions ou de pauses-sécurité. Ces activités améliorent la collaboration des personnes à la SST du chantier.

De plus selon la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), les travailleurs ont l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger leur santé, leur sécurité et leur intégrité physique et psychique et de veiller à ne pas mettre en danger la santé, la sécurité et l’intégrité physique et psychique des autres personnes qui se trouvent sur les lieux du travail ou à proximité des lieux de travail. Les travailleurs plus expérimentés peuvent être des modèles en SST pour les nouveaux travailleurs dans le monde de la construction.

Aussi, il est essentiel qu’ils coopèrent de façon efficace avec l’employeur sur les questions de SST et qu’ils respectent les instructions reçues pendant les formations et les séances d’informations pour effectuer leur travail en toute sécurité.

Cela va de soi que leur participation va jusqu’à l’utilisation en toute sécurité et de manière adéquate des équipements, des outils, des appareils et les produits réglementés dangereux.

Et en tant qu’employeur, quelles sont les mesures pour la prise en charge de la SST ?

La liste est tout de même bien garnie, car vous avez comme obligation première selon la LSST de devoir prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité physique et psychique du travailleur.

L’employeur pourrait favoriser l’intégration des aspects de SST dans les fonctions et les rôles de chacun des travailleurs ainsi que dans leur description de tâches.

L’employeur pourra faire participer les travailleurs dans le processus d’identification, d’analyse et de priorisation des risques dans leurs tâches plus dangereuses.

Il pourrait les consulter sur l’élaboration des instructions, des procédure et des méthodes de travail afin de rendre le travail le plus sécuritaire possible. Ces travailleurs ne sont-ils pas les personnes les mieux placées à percevoir les risques et dangers dans leurs tâches de tous les jours ?

Évidemment, le choix est grand dans l’identification de cibles sur les risques et dangers pour faire participer les travailleurs et les employeurs.

Cependant, pour aider les employeurs dans l’approche en prévention, cela commence par la connaissance et la reconnaissance, et de notre humble avis, d’une certaine humilité, des tolérances zéro édictées par la CNESST.

Les cibles de tolérance zéro sont une priorité provenant des dangers jugés indésirables, qui, lorsqu’ils arrivent, entraînent des conséquence graves de blessures, voire mortelles, provoquant aussi des arrêts de travaux et une possibilité de poursuites pénales de la part de la CNESST.


Depuis plusieurs années, la CNESST a développé des plans d’action avec des cibles de tolérance zéro pour les milieux de travail tel que le secteur d’activité de la construction, dans le but assuré et avoué d’éliminer les dangers et de réduire le nombre d’accidents.

Dans son plan triennal de 2024-2027, les cibles de tolérance zéro ont été modifiées.

Nous pouvons reconnaître :

  • Chute de hauteur de plus de 3 mètres
  • Chutes à partir d’une échelle
  • Exposition aux zones dangereuses d’une machine
  • Électrisations
  • Effondrement d’un échafaudage
  • Effondrement des parois d’une excavation non étançonnée
  • Exposition à la poussière d’amiante
  • Exposition à la silice
  • Vous pourriez me dire qu’il manque Roche instable *1 dans la liste ? Eh bien non ! Au fil des ans, les accidents avec des roches instables de cette tolérance zéro ont diminué de façon appréciable. Cependant, la nature des choses craint le vide, une autre tolérance zéro a pris sa place, et j’ai nommé :
  • Monoxyde de carbone (Co) *2

Mais qu’est-ce que le monoxyde de carbone ?

Indétectable par l’odorat et mortel, le monoxyde de carbone est un gaz pour lequel on doit redoubler de vigilance.

Sur un chantier de construction, plusieurs sources peuvent amener le dégagement du monoxyde de carbone et dans un espace fermé, souvent le cas en hiver, cela peut occasionner une asphyxie et ceci assez rapidement puisque ce gaz est inodore et incolore.

Il faudra donc faire attention lors de l’utilisation dans un espace fermé ou semi-fermé de chaufferettes, de génératrices, de découpeuses à disque abrasif ou à meule, de polisseuses à plancher (à béton), d’aplanisseuses de béton, de compresseurs, de compacteurs, de chariots élévateurs, de mini-chargeurs, de plateformes élévatrices, enfin tous les appareils et outils ayant un moteur à combustion interne, car ils sont source de CO.

Pour fermer la boucle sur les risques, revisitons le terrain qui s’était agrandit il y a quelques années lorsque la CNESST est venu ajouter les risques prédominants et les risques émergents.

Les risques prédominants effleurent l’esprit, car ils touchent l’ensemble des secteurs d’activité. Ces risques découlent de l’analyse statistique du bilan lésionnel par leur gravité, leur fréquence ou l’augmentation de cas.

 Ces risques prédominants sont :

  • Risques ergonomiques liés au travail
  • Être frappé, coincé ou écrasé par un objet ou de l’équipement
  • Chute de même niveau
  • Exposition au bruit
  • Risques psychosociaux liés au travail

Les risques émergents, avérés ou connus en situation d’émergence sont considérés comme des risques peu documentés, mais qui font l’objet de recherches scientifiques : ces risques émergents sont :

  • Batterie au lithium
  • Indice de la qualité de l’air
  • Maladie de Lyme
  • Télétravail
  • Vague de chaleur
  • Véhicules électriques

Nul doute que la prise en charge par les milieux de travail de la SST par les acteurs principaux, qui sont les employeurs ainsi que les travailleurs et travailleuses, pourront améliorer le bilan lésionnel du Québec.

*1 et *2 : au moment de la rédaction de ce texte les changements n’étaient pas encore apportés sur le site Web de la CNESST. Ils étaient à l’état de proposition.

Références :Site Web de la CNESSTLSST